C’est encore une fois un spectacle absolument formidable que Florence K est venue présenter sur la scène du Théâtre Lionel-Groulx, soit plus de deux heures de rythmes cubains, des salsas et trois boléros avec des accents jazz et même un blues, au plus grand plaisir d’une foule de toute évidence ravie par cette superbe prestation musicale.
Le disque qui nourrissait cette prestation s’intitule La Historia de Lola. Il s’est récemment mérité le Félix du Meilleur album de musiques du monde et avec raison, parce que chaque pièce est un ravissement. Souvenons-nous que Florence K avait aussi mérité la même statuette en 2007 pour son disque Bossa Blues.
Et sur scène, c’est encore mieux. Élégante, à l’aise au milieu de ses musiciens, enjouée face à son public, Florence K est définitivement rendue à ce moment de la vie d’une artiste où tout est en place, alors que la voix est d’une justesse qui nous transporte allègrement vers des prestations instrumentales à faire frémir.
Très bonne chanteuse et excellente pianiste, ce sont maintenant ses compositions qui signent un talent exceptionnel heureusement tombé sur une personne absolument charmante.
C’était un peu triste d’être confiné à une banquette numérotée pour écouter des musiques aussi dansantes, toujours délicieusement mélodiques, avec des envolées rythmiques qui installaient des motifs très accrocheurs. Certaines mesures soulevaient l’assistance et des crescendos s’y ajoutaient pour nous coller au plafond.
À son dernier passage, la chanteuse avait comblé les 500 places du parterre et tous ceux-là, comme nous, sont revenus avec enthousiasme avec des amis qui ont augmenté l’assistance jusqu’au balcon. Réservez à l’avance lorsqu’elle reviendra, parce qu’à voir la réaction du public jusqu’au rappel, son prochain passage se fera à guichets fermés.
Même les reprises telles Desafinado et la très touchante Ma Musique, de Ferland, semblaient lui appartenir tout autant que ses propres compositions.
Dans un autre texte, à propos des Zapartistes, nous rappelions que la tête ne peut en recevoir davantage que les fesses peuvent en supporter, mais c’est el corazón qui faisait la différence avec Florence K qui nous a gardés captifs de son charme mélodique pendant trois heures, parce que même à l’entracte ses musiques nous restaient en tête.
À 25 ans donc, cette jeune femme trône au milieu de cinq musiciens aguerris en leur en imposant et chacune des pièces qui en résulte nous étonne par sa musicalité et la beauté des mélodies, sur des rythmes envoûtants.
Ce qu’il y a d’étonnant, c’est que la chanteuse passe du français à l’anglais, de l’espagnol au portugais avec aisance, sans rupture de ton pour faire un spectacle homogène à partir d’influences éminemment disparates.
Bref, non seulement il faudra y être pour son prochain passage sur la scène du Théâtre Lionel-Groulx, mais il serait aussi sage de réserver son plaisir à l’avance.
Annie Villeneuve, le 28 janvier
L’ex-star académicienne n’a plus besoin de présentation. Annie Villeneuve sera sur la scène du Théâtre Lionel-Groulx, le jeudi 28 janvier, afin de présenter son nouvel album éponyme. On se renseigne en passant sur le site
www.theatrelg.com ou bien on compose le 450-434-4006.