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«Pour me peser, je dois aller chez le boucher ou chez un garagiste»— René Forget, humoriste et comédien

(Photo Michel Chartrand)

«Pour me peser, je dois aller chez le boucher ou chez un garagiste»— René Forget, humoriste et comédien

L’incidence de l’obésité sur le quotidien

Pesant un petit moins de 500 livres, René Forget, humoriste et comédien, ne fabule pas lorsqu’il affirme que pour se peser, il doit se rendre au garage ou chez le boucher. «Les balances ne se rendent pas à 500 livres», explique-t-il.

Le quotidien d’un homme vivant avec de l’obésité morbide est complexe. Les lieux, les meubles, le transport en commun ne sont pas conçus pour les gens en surcharge pondérale. Et c’est sans compter le prix astronomique des vêtements. «Des bobettes? 12 $! Chemise ou pantalon? Pas en bas de 100 $. Une paire de bas? 12 $», mitraille-t-il à toute allure.

Parce qu’il n’existe pas de boutiques de type friperies en raison de l’usure rapide des vêtements, ces derniers sont toujours achetés à l’état neuf. Et lorsque l’argent se fait rare, les solutions de rechange n’existent pas.

Dans le creux de la vague, alors que son poids accusait 550 livres, René se souvient d’un évènement en particulier. Un épisode dont la portée allait le mener vers une nouvelle carrière, celui d’humoriste et de comédien.

«J’assistais à un spectacle de François Morency lorsque la chaise sur laquelle j’étais assis a cédé sous mon poids. J’avais deux choix, soit je restais mal assis pour le restant du spectacle ou j’arrêtais le show de François Morency. J’ai opté pour la deuxième option. Les techniciens m’ont apporté un banc de parc», relate-t-il avec ce formidable sens de la bouffonnerie et un soupçon de malice.

Faites de souvenirs cocasses ici et là relatés entre deux éclats de rire, les expériences ont néanmoins pas toujours été désopilantes pour le comédien. D’ailleurs, au chapitre de la malchance, il avoue un incident qui s’est déroulé dans le transport en commun.

«Dans les transports en commun, il m’est impossible de m’asseoir, parce que je ne rentre pas dans un siège muni de bras. C’est difficile de retenir 500 livres dans un bus quand tu es debout. Cette fois-là, je suis tombé sur une femme enceinte… Depuis ce temps, j’ai gardé une peur considérable des transports en commun.»

Maintenant que son obésité morbide prendra fin (au moment de presse sous presse, René Forget aura été opéré à l’hôpital Pierre-Boucher) grâce à une gastrectomie verticale qui consistera à lui enlever une partie de son estomac, René se livre à de nombreuses confidences. Les spectacles en salle où il ne peut plus assister en raison des chaises trop petites, les restaurants qu’il choisit parce que les banquettes sont assez larges, la salle de bain de son appartement suffisamment grande pour contenir deux lavabos pour lui et sa conjointe, Véronik, la chaise qui s’est brisée pendant une entrevue, la difficulté d’effectuer certaines tâches hygiéniques (comme se laver les pieds) parce que ses bras ne sont plus assez longs, la liste est longue, surprenante et un tantinet désolante.

«Je vais me battre pour faire reconnaître l’obésité comme une maladie et non comme un problème d’esthétisme, souligne-t-il fermement. Je suis d’ailleurs en train de créer une « fondation pour l’obésité » et j’ai besoin de ressources.»

Pour en savoir plus: [www.reneforget.ca] ou via son blogue [http//mademoisellekblog.wordpress.com/2010/10/05/lobesite-au-quotidien/].

 

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