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Mourir ou vivre dans la dignité?

(Photo Michel Chartrand) Le directeur médical de la Maison de soins palliatifs de la Rivière-du-Nord, le Dr Jean-François Rouleau, a présenté un mémoire sur la question du droit de mourir dans la dignité à la Commission de la santé et des services sociaux.

Mourir ou vivre dans la dignité?

Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité

C’est le mardi 15 février à Saint-Jérôme que se tenaient, en présence de plusieurs personnalités publiques et organismes du milieu, une consultation générale et des auditions publiques sur la question de mourir dans la dignité.

La Maison de soins palliatifs de la Rivière-du-Nord, représentée par son directeur médical, le Dr Jean-François Rouleau, a révélé son mémoire rédigé par plusieurs médecins du CSSS de Saint-Jérôme et de Thérèse-De Blainville. En amorce à la question du droit de mourir dans la dignité, le directeur médical a tenu à préciser dès le début que le patient était un être à part entière, et vivant jusqu’à la fin.

Donnant ainsi le ton à son mémoire, à l’effet que la qualité de vie était le guide dans les interventions et que l’euthanasie n’était pas une solution, le Dr Rouleau a rappelé que les changements de société des 40 dernières années avaient apporté davantage de droits au sein de la collectivité.

«La société actuelle valorise surtout la jeunesse, la santé et la productivité. Elle laisse peu de place aux gens limités par différents handicaps. À la limite, même la vieillesse n’est plus perçue comme une étape normale de la vie, mais plutôt comme un handicap», a-t-il souligné.

Vivre dans la dignité

L’expérience a démontré à l’équipe médicale en soins palliatifs qu’une fois la souffrance physique calmée, les autres formes de douleur se voyaient diminuées de beaucoup, ainsi que les demandes pour stimuler la mort. Il arrive cependant que la sédation palliative soit offerte en dernier recours pour pallier une souffrance intolérable, et ce, qu’elle soit physique, psychologique ou existentielle.

«Ce traitement est acceptable pour les soignants d’un point de vue éthique, puisque l’objectif est le soulagement et non la mort», explique Jean-François Rouleau, en insistant qu’il ne s’agit pas d’euthanasie déguisée puisque le patient décède de sa propre maladie. «Plusieurs pensent que les soins palliatifs aident à mourir, alors qu’en réalité nous aidons à bien vivre ce qui reste à vivre.»

Attention à la dérive

Tel que décrit dans le mémoire de la Maison de soins palliatifs de la Rivière-du-Nord, il appert que dans certains cas exceptionnels où la vie n’a plus sa raison d’être, il pourrait être envisageable de l’abréger.

«Malheureusement, la reconnaissance de ce fait nous fait craindre une dérive. L’expertise en soins palliatifs de même que l’accès à certains soins spécialisés étant inégaux, cette solution pourrait être demandée et autorisée plus rapidement dans les équipes moins bien pourvues. Conséquemment, l’utilisation variable de ces moyens risque d’amener à la longue un relâchement, exposant un jour les personnes vulnérables à cette solution alors que d’autres avenues auraient pu être explorées. En conclusion, nous pensons qu’il serait dangereux d’autoriser ces mesures.»

 

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