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Moments de magie à Tremblant

Le bec-croisé bifascié en spectacle

En ce dimanche matin de février, une neige lourde s’abat sur le Parc du Mont-Tremblant. Le ciel semble avoir disparu, les arbres s’inclinent sous le poids des branches gonflées de neige. Tout n’est que silence et blancheur.

D’un coup, la tempête cesse, le soleil surgit au-dessus de la forêt d’épinettes. J’entends les cris rauques d’un geai bleu, le «tchic-a-dee» familier de la mésange à tête noire, et au loin, un gazouillis mystérieux.

J’avance au cœur de la forêt, à la recherche de ce chant inconnu. Au détour d’un virage, je suis surpris par un spectacle haut en couleur! Plusieurs oiseaux roses sont posés au sommet des épinettes abondamment garnies de cônes. Je consulte rapidement mon guide d’identification et j’apprends que ces oiseaux sont des becs-croisés bifasciés, une découverte que j’attends depuis plus 20 ans! Les oiseaux se régalent tout en lançant une succession de notes saccadées et rythmées entrecoupées de tchik tchik secs et de piiite doux.

Le nom du bec-croisé vient de la forme de son bec, dont les deux mandibules se croisent pour faciliter l’extraction des graines.

Usant de son bec en ciseau, l’oiseau ouvre les cônes afin de libérer les précieuses graines qui fourniront l’énergie nécessaire pour contrer le froid de la forêt nordique. Il se nourrit aussi des graines des cônes de mélèze ainsi que des graines de bouleau et d’aulne.

Certains hivers, ce résidant de la zone boréale se déplace vers les régions plus au sud, comme les Basses-Laurentides et Lanaudière.

Parfois, il va s’arrêter aux mangeoires garnies de tournesol. On peut aussi le voir le long des routes en train de se gaver de sel, dont il semble friand. Souvent, pour son plus grand malheur, il sera victime des roues d’une auto.

Le bec-croisé bifascié, nommé bec-croisé à ailes blanches dans les anciens livres d’identification, se reconnaît donc à son bec particulier ainsi que par son costume rose. Ses ailes sont noires, marquées de deux bandes blanches bien nettes. Pour sa part, la femelle porte une robe olive tout en ayant les mêmes traits aux ailes.

Cet oiseau n’effectue pas de migration, mais des déplacements ponctuels liés à l’abondance des conifères.

Il niche dans les forêts de résineux bien garnis de cônes. Les graines de ces cônes, riches en apport calorifique, sont essentielles pour la production d’œufs et l’alimentation des jeunes.

Le bec-croisé des sapins

Un autre bec-croisé peut être observé au Québec: le bec-croisé des sapins qui se distingue par sa coloration rouge et l’absence de taches blanches sur les ailes.

Appelé autrefois le bec-croisé rouge, il affiche une taille moyenne de 14 cm, par rapport à 16 cm pour le bec-croisé bifascié. À titre de comparaison, le moineau domestique atteint environ 15 cm.

Oiseau de la forêt boréale, le bec-croisé des sapins se rencontre en petit nombre au Québec et se déplace selon une trajectoire erratique. Il peut apparaître un matin dans un boisé de conifères pour ensuite briller par son absence durant plusieurs années.

Il y a un siècle, l’oiseau était souvent rapporté dans la région de Montréal et ailleurs dans le sud du Québec.

La coupe intensive des pins blancs et de la pruche du Canada, deux essences riches en cônes, a entraîné une baisse de la population.

Fait à noter, les deux espèces de becs-croisés peuvent faire leur nid en toute saison, même en plein hiver.

Journaliste indépendant pour divers magazines et autodidacte dans l’apprentissage de l’ornithologie, Bernard Cloutier est vice-président de la Société ornithologique de Lanaudière. Il est aussi conférencier et rédacteur en chef du bulletin L’Oriole, publié par cet organisme. Pour lui écrire: b.clou@hotmail.com.

 

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