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Le CRE Laurentides s’exprime en faveur d’un moratoire

Anne Léger, directrice générale du CRE Laurentides.

Le CRE Laurentides s’exprime en faveur d’un moratoire

Exploitation du gaz de schiste

En dépit du fait que des privilèges d’exploration et d’exploitation ou claims aient été délivrés à des entreprises gazières par l'État, l’étude des cartes géologiques dans la région ne démontre pas de potentiel d’exploitation du gaz de schiste. Voilà qui n’empêche pas le Conseil régional en environnement (CRE) des Laurentides de s’intéresser à ce dossier de très près.

La directrice générale du CRE Laurentides, Anne Léger, et le chargé de projet au développement durable, Yann Godbout, s’inquiètent des impacts environnementaux d’une future exploitation de ce type de gaz naturel non classique et de l’encadrement mal adapté relatif à sa prospection, tout comme d’autres organismes de protection de l’environnement.

«C’est que les lois traitant de l’exploitation des gaz de schiste remontent à un temps où l’industrie des hydrocarbures et des énergies fossiles au Québec consistait essentiellement à chercher du pétrole dans le golfe du Saint-Laurent», comme l’explique Anne Léger.

À l’instar du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) et l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), le CRE des Laurentides demande qu’une disposition transitoire instituant un moratoire immédiat sur tout permis de recherche (exploration), forage ou exploitation de pétrole ou de gaz naturel, dont le gaz de schiste, soit insérée dans le projet de loi 79 qui doit modifier la Loi sur les mines qui régit principalement cette industrie.

Le gaz de schiste est du gaz naturel de type non conventionnel (ou non classique). Comme son nom l’indique, il s’agit d’un gaz emprisonné dans du schiste, roche sédimentaire déposée à l’origine sous forme d’argile et de limon. D’apparence semblable à celle de l’ardoise, le schiste est la roche sédimentaire la plus répandue sur la planète. Il est moins perméable que le béton, de sorte que le gaz naturel ne peut s’écouler facilement vers les puits. Le gaz de schiste (shale ou tight gas) est une forme de gaz naturel particulièrement difficile à extraire. Au Québec, on remarque sa présence principalement sur la rive sud du Saint-Laurent, entre Montréal et Lévis.

Le gouvernement du Québec a déjà accordé, depuis 2007, de nombreux permis de prospection de gaz de schiste couvrant la quasi-totalité des zones habitées de la vallée du Saint-Laurent. On s’attend à ce qu’à la suite de cette prospection, des demandes de permis d’exploitation permanente soient prochainement logées. Ce type de gaz est particulièrement recherché par l’industrie pétrolière et gazière puisqu’il pourrait remplacer d’autres sources de carburants plus traditionnels qui tendent à s’épuiser.

Il est à noter qu’actuellement une municipalité, dans une optique d’aménagement du territoire, ne détient aucun moyen de contrer une éventuelle exploration de ce nouveau type de gaz. La Loi sur les mines empêche les municipalités inquiètes de s’opposer à des projets de prospection ou d’exploitation ou de limiter de tels projets par des règlements de zonage.

La crainte actuelle est accentuée par le fait qu’aux États-Unis et d’autres parties du monde, cette exploitation a déjà débuté et cause des problèmes. Ici, la loi qui encadre cette industrie n’est pas encore adaptée pour assurer une bonne protection environnementale.

Un nombre grandissant de citoyens, d’organisations et de groupes environnementaux – l’AQLPA en tête, avec Nature Québec, la Coalition Eau Secours!, la Fondation David Suzuki, Équiterre, Greenpeace et autres – ont compris l’incohérence et les problèmes inhérents à l’exploitation du gaz de schiste.

Le gouvernement Charest a mandaté le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) concernant le gaz de schiste afin qu’il se penche sur la question. Les travaux se sont amorcés il y a plus de deux semaines et le BAPE devra remettre son rapport le 5 février 2011. Des audiences publiques sur le sujet se tiendront à compter du 4 octobre.

«Nous suivrons la filière avec assiduité et ferons le nécessaire pour vulgariser l’information en la matière auprès de la population. La vulgarisation est un de nos créneaux d’excellence», conclut Yann Godbout.

 

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