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Guérir du cancer en 15 semaines? Bonne chance!

(Photo Yves Déry) Marie-Hélène Dubé a décidé de prendre le taureau par les cornes. Contestant la loi voulant qu’une personne malade n’a droit qu’à 15 semaines de congé, elle a mis en ligne une pétition. Jusqu’à ce jour, 430 000 personnes de partout au Canada ont répondu à l’appel. Et ce chiffre est en constante augmentation.

Guérir du cancer en 15 semaines? Bonne chance!

La plus grosse pétition jamais signée au Canada

Impossible. Tout bonnement inenvisageable. Réchapper d’un cancer en seulement 15 semaines relève de l’utopie. Et pourtant, la loi, vieille de 40 ans, persiste.

En dépit des chiffres alarmants, à l’effet qu’une personne sur deux développerait un cancer au cours de sa vie, la loi est là, décuplant en chemin les possibilités de faillite personnelle, de banqueroutes et de dettes des malades. Si les prestations de maladie, elles, ne se sont jamais modernisées, l’assurance-chômage, en revanche, a été l’objet de quelques bonnes réformes au cours des années.

Exemple vivant de cette loi obsolète, une jeune femme, Marie-Hélène Dubé, qui a affronté et combat toujours un cancer de la tyroïde.

Et comme elle, des milliers de personnes qui se lèvent un matin avec un diagnostic de cancer et qui n’auront, à défaut d’une assurance privée, qu’un maigre congé de maladie de 15 semaines.

Choc ou consternation pour ceux qui l’ignoraient, le Canada est ainsi le seul pays (ainsi que les États-Unis) à allouer moins d’une année de prestations financières à ses grands malades.

Corps à corps avec la Loi

Marie-Hélène Dubé est dans la jeune quarantaine. Blonde comme les blés, le sourire éclatant, son engagement est laborieux : changer la loi au niveau des prestations de maladie.  Ses alliés? Les politiciens, toutes allégeances confondues. Ses soutiens?  430 000 signataires canadiens. Son but ? Étaler sur un an le congé de maladie.

«J’ai eu une récidive de mon cancer en 2007. J’étais payée 15 semaines, alors que la convalescence devait durer 16 semaines. Je suis donc retournée travailler un peu plus vite, mais à temps partiel seulement. Cela n’a pas fonctionné longtemps, car j’ai eu une autre récidive durant la même année. Or, je n’avais pas accumulé assez d’heures pour obtenir un nouveau congé. J’ai donc retardé l’opération et, pendant deux mois, j’ai travaillé cinq jours par semaine. Il y a eu beaucoup de complications neurologiques par la suite», explique la jeune femme.

Dans le creux de la vague, Marie-Hélène doit composer avec de sévères restrictions financières. Elle re nouvelle par trois fois l’hypothèque de sa maison, histoire d’étirer l’élastique.

Pourquoi seulement 15 semaines de congé?

C’est la question que se pose la mère de famille. Malheureusement, personne n’est en mesure de lui répondre.

On ignore aussi d’où provient ce chiffre. Fouillant un peu partout, elle trouve finalement une partie de la réponse. La loi a été votée en 1971, alors que le cancer n’offrait que peu de chance de survie. «Donnons-nous la chance de nous soigner pour redevenir à nouveau actif», implore-t-elle.

Indignée, elle décide de « faire quelque chose ». Pétition en main, elle l’envoie par courriel. 430 000 personnes répondront à l’appel. Les médias s’y intéresseront également.

Et d’autres seront horrifiés, voire scandalisés d’apprendre qu’une mère de famille en congé verra ses prestations de maternité amputées advenant un cancer ou une maladie grave durant cette même année sabbatique.

Espérance

Dans la communauté où la maladie fait  loi , le nom de Marie-Hélène Dubé fait désormais figure d’espérance. Et particulièrement pour les prochains patients qui, un jour, entendront à leur tour : «Vous avez le cancer.»

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