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Doit-on obliger une personne à vivre contre son gré?

(Photo Michel Chartrand)

Doit-on obliger une personne à vivre contre son gré?

Commission sur la mort dans la dignité

En marge des discussions amorcées il y a quelques semaines sur la question de l’euthanasie ou du suicide assisté (un acte criminel au Canada), la directrice des services professionnels du CSSS Thérèse-De Blainville, Odile Chevalier, a étudié la question objectivement avant de se prononcer.

Rencontrée dans ses bureaux du centre Drapeau-Deschambault, il y a de cela quelques jours, la dame a fait montre d’ouverture d’esprit et d’honnêteté en déclarant qu’il serait illusoire de conclure sur un sujet dont les tenants et aboutissants ne sont ni noirs ni blancs en raison de sa complexité extrême.

«Chaque cas est individuel, chaque patient est unique, et les pathologies ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Toutefois, une chose est certaine, l’euthanasie n’est pas tolérée», soutient Odile Chevalier.

Doté d’une équipe soignante empathique et d’un comité bioéthique étoffé, le CHSLD Drapeau-Deschambault aborde la mort avec un seul souci: que le patient souffre le moins possible. Et pour ce faire, les traitements existent et sont là pour soulager au maximum les corps et les esprits affaiblis par la maladie. Volontés, désirs ou demandes, tout est pris en considération par l’équipe soignante qui tentera de les honorer par déférence pour le malade.

«Il y a des gens qui souhaitent demeurer conscients jusqu’à la toute fin et d’autres non. Au même titre que l’on retrouve des patients qui souhaitent une médication plus soutenue et ceux qui optent à la demande. Les requêtes sont toutes différentes», rappelle Mme Chevalier.

Mourir dans la dignité

Selon cette dernière, la crainte de perdre son autonomie et surtout le spectre de mourir dans des souffrances atroces seraient à la base des revendications du droit à l’euthanasie.

«La médication n’écourte pas et ne rallonge pas la vie, glisse-t-elle. Mais, effectivement, on est rendus là, à se poser des questions. C’est un sujet très difficile qui ne permet pas de tracer une ligne droite. Le débat est important, car il n’est ni blanc ni noir, mais parsemé de zones d’ombre.»

D’où l’importance d’ailleurs de légiférer sur la question afin d’éviter de quelconques dérapages.

Cas d’exception

Il arrive, en cas d’exception rare, que les médicaments ne peuvent plus soulager un malade. La sédation palliative vient alors en aide à ces derniers. Suivant une ligne protocolaire très précise et pointue où les avis médicaux sont unanimes (voire un deuxième avis prôné), le pour et le contre évalués, la famille immédiate consentante, on se résout alors, pour soulager le malade, à l’endormir afin de le mener à l’inconscience pour le soulager, et ce, jusqu’au trépas.

«Il ne faut jamais oublier que notre plus grande préoccupation dans notre unité de soins palliatifs est d’adoucir les souffrances des gens par différentes thérapies», poursuit Mme Chevalier.

Si la peur de souffrir est omniprésente, il faut garder en tête que le réconfort apporté aux malades passe avant tout par l’empathie. Et c’est là que l’unité des soins palliatifs intervient en devenant en quelque sorte le chef de file d’accompagnement et de complément vers une autre vie.

 

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