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Des cégépiens font rougir Sainte-Thérèse

La Place du Village

Des cégépiens font rougir Sainte-Thérèse

Mardi matin, la Place du Village, à Sainte-Thérèse, s’est soudainement drapée de rouge, alors que des tissus couvraient une partie du mobilier urbain de l’endroit.

Ce geste symbolique et pacifique, posé par une poignée d’étudiants du collège Lionel-Groulx, en arts pour la plupart, servait à montrer qu’ils sont toujours là, qu’ils continuent de croire en leur cause et qu’ils ont des choses à dire. «Les gens ne sont pas indifférents à notre cause. On sent qu’ils se positionnent et on les invite à porter le carré rouge», a dit l’un d’eux.

L’idée de draper les places publiques en rouge a simultanément trouvé écho auprès d’une dizaine de villes du Québec, le mardi 3 avril, dont Rimouski, Drummondville et Sainte-Thérèse. Après avoir convaincu les gens de la Ville que leur geste n’altérait en rien ni n’abîmait les biens publics, les étudiants sont discrètement demeurés sur place jusqu’à 13 h, après quoi ils ont décroché leurs installations et sont repartis. «Ce n’est pas une manifestation humaine», a insisté l’un d’eux, d’avis que les installations parlaient d’elles-mêmes.

En perturbant visuellement la ville, l’action Places publiques en rouge a pour objectif d’amener le mouvement de contestation étudiant dans les municipalités québécoises, offrant une façon différente et créative aux étudiants de l’Association générale des étudiantes et étudiants du collège Lionel-Groulx de se positionner publiquement contre la hausse des frais de scolarité et de rejoindre l’ensemble du mouvement étudiant.

Soulignons que depuis plusieurs semaines, d’autres actions similaires ont eu lieu dans la ville de Montréal, une initiative qui, aujourd’hui, tend à sortir des grands centres pour s’étendre à toutes les régions du Québec.

Des citoyens politisés et impliqués

Conscients qu’ils sont peut-être en train de jouer leur session, les étudiants interrogés sur place se sont montrés déterminés à poursuivre leur démarche. «Le sacrifice est immense, mais j’assume le fait que je perdrai peut-être ma dernière session de cégep», a laissé tomber l’un d’eux. «Ce n’est pas le temps de lâcher», a opiné un autre.

Si, dans les yeux de certains d’entre eux, une lueur d’inquiétude brille, les étudiants demeurent collectivement confiants de faire la bonne chose. «On sent que le mouvement étudiant est fort, on est présents et on continue de le démontrer», ont-ils lancé.

Par ailleurs, ces étudiants en grève depuis le 29 février dernier ne vont peut-être plus à l’école, mais ils continuent d’apprendre, constatent-ils, mais autrement. «Ne serait-ce qu’au niveau des projets, des rencontres, de la concertation entre les gens. Ce que je retiens de cette grève, c’est que tout le monde arrive à mettre à contribution son domaine d’études», avance l’un d’eux. C’est aussi une façon, pour un autre, d’apprendre à devenir des citoyens politisés et impliqués.

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