Si l’on vous propose le nom de Sylvie Michaud-Bilodeau, à qui pensez-vous? Ce n’est pas une artiste et encore moins une femme politique. Non. C’est plutôt une athlète à sa manière. Une femme qui a su relever des défis quotidiens de taille. Comment? En se dévouant corps et cœur à ses trois enfants: Frédéric, Alexandre et Béatrice.
Récemment, son fils, Alexandre Bilodeau, a fait vibrer le cœur de tous les Canadiens en accomplissant un exploit exceptionnel dans l’histoire du sport au Canada. Dans sa discipline, le ski de bosses, il a été le premier athlète à remporter la médaille d’or olympique lors des Jeux à Vancouver, au Canada. Sa mère, Sylvie Michaud-Bilodeau, était présente au bas de la piste avec les autres membres de la famille pour encourager son fils de 22 ans. Des secondes inoubliables.
«J’ai fermé les yeux à quelques reprises quand Alexandre descendait la piste. Au dernier saut, j’ai complètement fermé les yeux. Ils vont tellement vite et vont tellement haut dans les airs», explique-t-elle, visiblement émue.
Sylvie Michaud-Bilodeau a eu trois enfants au parcours exceptionnel. Frédéric accuse sept ans d’écart avec son frère le plus jeune, Alexandre. «Je n’étais pas certaine d’avoir un deuxième enfant», dit-elle. Son aîné atteint de paralysie cérébrale, elle s’est toujours employé à ce qu’il puisse développer son autonomie. «J’ai amené Alexandre faire du ski très jeune. Il me suivait. Il ne voulait rien savoir des cours de ski pour débutants. Il avait les yeux rivés sur le ski de bosses», dit-elle, sourire en coin.
«Alexandre me suivait partout. Il venait avec moi quand son frère aîné allait suivre ses cours de réadaptation. Il était tout petit et se promenait à travers les fauteuils roulants en tapant dans les mains des jeunes», se rappelle-t-elle.
C’est à l’âge de sept ans que le champion olympique s’est officiellement lancé dans l’aventure. «Je l’ai mis dans l’autobus en direction de Vancouver pour un camp de deux semaines. Il n’avait que sept ans. Je ne sais pas aujourd’hui si je recommencerai», dit-elle, expliquant que la détermination dans les yeux d’Alexandre était pour le moins convaincante.
Au fil des années, les compétitions à l’international exigeront des compromis et de la planification pour toute la famille. «On essayait de tout combiner ensemble. Des voyages en famille et du ski pour que toute la famille puisse suivre», dit-elle. Pour Sylvie Michaud-Bilodeau, sa mission consistait à aider au développement et à l’épanouissement de la passion de ses enfants.
«Il faut les aider en leur donnant du support dans leur passion. On les encadre surtout pour ne pas qu’ils se blessent», dit-elle, indiquant qu’elle a toujours fait confiance à ses deux champions, Alexandre et Béatrice pour éviter les blessures.
Quel message envoyer aux parents des futurs athlètes? «Il faut que les jeunes s’amusent. Il ne faut pas les pousser, mais les encourager et les supporter dans leurs besoins», explique-t-elle avec une modestie désarmante.
Sylvie Michaud-Bilodeau: femme d’exception
(Photo Michel Chartrand) Sylvie Michaud-Bilodeau, exhibant fièrement la photo de son célèbre fils, Alexandre Bilodeau.
Mère d’athlète: un dévouement quotidien
Imaginez le contexte si vos trois enfants décidaient de suivre des parcours atypiques. Rien à voir avec les normes familiales habituelles. Exit les livres de «psycho-pop» sur les règles d’apprentissages à suivre pour l’épanouissement de la famille. Une seule règle prévaut: que chacun puisse développer son identité au sein d’une famille unie. Zoom sur une femme d’exception.
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