La dernière semaine a passé comme un coup de vent. Tout se déroule tellement vite et c'est dur à croire qu'on est déjà rendues à la finale pour la médaille d'or. On a eu deux matchs encore une fois un peu faciles. On s'attendait à une bien meilleure opposition de la part de la Suède, mais malheureusement (pour elles) les choses n'ont pas tourné ainsi.
Mon plus grand moment de la dernière semaine s’est produit lors du match contre la Suède. En arrivant à Vancouver, les entraîneurs m'avaient fait savoir que je n'allais pas jouer du tout. J'ai subi une blessure grave à la cheville, au début août, qui m'a tenue à l'écart du jeu pendant trois mois. Je suis revenue et ma cheville allait bien, mais j'imagine que ce n'était pas assez. J'ai dû me contenter d'être dans les estrades, une chose que je n'aurais jamais imaginée. Ç’a été une étape très dure, mais j'ai dû l'accepter et continuer à travailler.
J'ai quand même pu être l’auxiliaire sur le banc lors de deux matchs. Celui contre la Suède était le dernier pour moi. J'allais passer les deux autres matchs dans les gradins. Ma bonne amie Kim (Saint-Pierre) était la gardienne partante et je la secondais. Kim et moi avons toujours été très proches. Nous faisons tout ensemble (entraînements, réchauffements, cochambreuses). On s'était dit que nous voulions participer et gagner ces Jeux ensemble une dernière fois. Les Jeux de Vancouver seront les derniers pour Kim, car elle prendra sa retraite immédiatement après.
De beaux et grands moments
Après deux périodes contre les Suédoises, on menait 12-0. Je suis allée m'asseoir à ma place dans la chambre, aux côtés de Kim. Elle m'a dit: «Veux-tu jouer?» Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait dire. Elle a ensuite fait un signe à Caroline Ouellette et celle-ci s'est dirigée vers notre entraîneuse. Elle est revenue et m'a dit: «C'est à ton tour, tu embarques!» J'ai dit à Kim: «Non, mais t'es malade! Pourquoi tu fais ça?» Elle m'a dit: «Parce que ce n'est pas juste; tu mérites de jouer comme tout le monde et j'ai la chance de pouvoir t'aider à le faire!»
Je n’en revenais tout simplement pas. C'était tellement un geste merveilleux auquel je ne m'attendais pas du tout. Elle m'a aussi dit: «C'est tellement spécial de jouer devant les supporteurs canadiens, tu dois le vivre toi aussi.» Bref, Caro et Kim avaient planifié d'essayer de me faire jouer, car Mme Davidson ne l'aurait pas fait. Dès ce moment, j'ai su que rien n'allait arrêter l'équipe à la quête de notre médaille d'or. Si une coéquipière est prête à faire un tel sacrifice, rien ne peut nous arrêter. Kim m'aura donc laissé la dernière période de sa carrière avec l'équipe nationale.
Le hockey nous apporte énormément, mais c'est dans des situations comme celles-ci qu'on se rend compte que tout ça est bien plus qu'un simple jeu. Je ne pourrai jamais assez remercier Kim pour ce qu'elle a fait pour moi.
Pour la finale, aucune d'entre nous (Kim ou moi) ne sera devant le filet, mais nous savons à quel point nous avons travaillé fort pour y arriver. Souhaitez-nous la couleur de médaille que nous voulons! Merci.
(Propos recueillis par Mathieu Chouinard)
L’équipe canadienne au fil d’arrivée
La dernière semaine passée fut fort chargée pour l’équipe canadienne de hockey féminin. En plus d’avoir eu la chance de participer à un match, Charline et la formation canadienne sont passées à la grande finale. Charline nous raconte sa dernière semaine aux Jeux de Vancouver. Ces propos ont été recueillis avant la présentation du match de la finale.
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