La vie en quelques minutes

Luc
Luc Proulx
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La belle visite

Si vous entendez Frédéric Lapierre présenter un film de Ciné-Groulx comme étant du cinéma de répertoire et que vous n’êtes pas un cinéphile, alors fuyez sans vous retourner pour vous épargner deux heures de vie qui pourraient vous paraître deux mois.

Une scène de La belle visite, un documentaire signé Jean-François Caissy.

Mais si vous restez, alors vous pourriez voir des vies entières en quelques minutes. De vraies vies, tout a fait comme dans La belle visite, de Jean-François Caissy, un film de photographe qui fixe le temps sur une longue, très longue pellicule.

On y arrive par une route longeant le bord de mer, sur laquelle un petit motel de voyageurs a été converti en résidence pour personnes âgées. L’Auberge des caps est installée dans la péninsule gaspésienne, plus précisément à Carleton, là où le jeune vidéaste s’est rendu à de multiples reprises pendant deux ans. Il y a passé cinq saisons à filmer des personnes en fin de vie.

Il n’y a aucun scénario et pas de musique, seulement les échanges et les silences des vrais personnages dans la salle commune comme dans leurs appartements, et même avec le médecin. On y pianote un peu, mais la vraie musique vient de la mélopée du chapelet et les inlassables Je vous salue Marie, sur fond de roulement de boules de bingo.

Il faut donc être cinéphile pour apprécier un tel documentaire, mais les vrais ont porté La belle visite jusqu’à la Berlinale, où il fut le seul film canadien, de même qu’aux Rendez-vous du cinéma québécois, où il a reçu le Prix du jury.

Et Jean-François Caissy s’apprête à faire le Hot Docs de Toronto, puis le Doxa, à Vancouver.

Il faut dire que la discussion fut intéressante au terme du long plan-séquence qui conclut La belle visite, notamment lorsque le jeune réalisateur de 32 ans relatait que ce que l’on considère, chez nous, comme des mouroirs sont appréciés tels des endroit dignes et nettement préférables aux résidences européennes destinées aux gens en perte d’autonomie.

Le plus étonnant, c’était de constater que les baby-boomers auront réussi à remettre la vieillesse d’actualité.

L’Écrivain fantôme, le 3 juin

On changera de continent, de registre et pratiquement de monde lors du prochain Ciné-Groulx, alors que le film du jeudi 3 juin sera un suspense avec L’Écrivain fantôme, dernier film de Roman Polanski.

Le biographe de l’ancien premier ministre britannique décède par noyade et sera remplacé par un «nègre», qui découvrira que la suite du livre n’est pas voulue de tous. Il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de Robert Harris, notamment défendue par Ewan McGregor, Pierce Brosnan et Olivia Williams.

Les tractations de la guerre en Irak sont au cœur de cette suite biographique qui prend des allures de suspense à la Hitchcock, avec Adam Lang en Tony Blair.

Précisons que c’est au Cinéma Sainte-Thérèse, sis au 300, rue Sicard, et que le prix d’entrée n’est que de 5 $ pour la projection qui débute dès 19 h 30.

D’ici la fin de la saison de Ciné-Groulx, vous verrez également Le Hérisson, de Mona Achache, avec Josiane Balasco, dans un film sur la spiritualité et le plaisir de lire qui sera présenté le 10 juin.

Organisations: Auberge des caps, Hot Docs de Toronto

Lieux géographiques: Carleton, Vancouver, Irak Rue Sicard

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