La violence conjugale plus présente qu’on le croit

Valérie
Valérie Schmaltz
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Un phénomène qui se manifeste de diverses façons

Alors qu’on s’apprête à souligner le 20e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, les journaux regorgent d’histoires sanglantes impliquant le décès d’une femme tuée par son ex-mari ou de meurtres suivis de suicides.

(Photo Michel Chartrand) Chantal Vézina, responsable des services cliniques à la maison d’accueil Le Mitan, et Mireille Langlois, directrice générale.

Pourtant, la violence conjugale ne revêt pas uniquement une finalité dramatique. Elle s’initie parfois par de simples paroles blessantes (humiliation, dénigrement), un rapport de domination peu visible (on intime à l’autre de se taire durant une conversation), des menaces voilées (le conjoint menace de se suicider si l’autre le quitte), des pleurs (on affirme revivre son passé pour justifier le besoin d’appeler son conjoint 10 fois dans une soirée), des gestes physiques en apparence normaux ou anodins (tirer sur la queue de cheval de sa conjointe pour lui enlever son élastique, car on lui préfère les cheveux détachés), bref, la violence conjugale porte plusieurs coiffes. À la maison d’accueil pour femmes Le Mitan de Sainte-Thérèse, on constate que l’agression conjugale est bien présente. Plus qu’il y a 20 ans? «C’est très difficile à dire, affirme Chantal Vézina, responsable des services cliniques à la maison d’accueil Le Mitan. Toutefois, on peut avancer qu’il y a beaucoup de violence conjugale. Néanmoins, les gens sont plus informés qu’avant, ils savent ce qu’est la violence psychologique ou verbale.»

La faute aux hommes québécois? «Personnellement, je ne crois pas que l’homme québécois ait de la difficulté à s’assumer afin d’expliquer ses gestes d’agressivité. Au même titre que les hommes ne perdent pas le contrôle dans une situation de violence, ils le prennent. Quant à la souffrance que pourraient vivre certains individus, elle ne justifie en aucun cas la brutalité», poursuit-elle.

De ces distinctions (subtiles parfois), on se rend compte que le seuil de la tolérance est plutôt élevé. Que ce soit des blagues à caractère sexiste (toutes les blondes sont des idiotes) ou encore des allégations voulant que les adolescents ont des vies sexuelles débridées, peu de gens n’osent faire contrepoids à ce genre d’énoncés en renonçant à rire de ces blagues misogynes ou encore en exigeant que l’on cesse d’ostraciser les jeunes, et ce, même en présence de plusieurs personnes.

Parce que la violence a une cause psychosociale, c’est-à-dire qu’elle comporte une partie individuelle et un phénomène social autorisé, il n’est pas facile de la dénoncer. «On a juste à constater les doigts d’honneur que se lancent les conducteurs sur la route. C’est banal. Le geste est banalisé, voire toléré», de continuer Mme Vézina.

La maison Le Mitan a hébergé 62 femmes en 2008-2009. De ce nombre, 32 se sont présentées pour de la violence physique et psychologique, 25 pour de la violence psychologique, deux pour agression sexuelle et trois pour menaces de mort.

Besoin d’aide? 450-435-3651.

Organisations: Le Mitan

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