Les parents d’élèves en difficulté dénoncent les coupures dans les services professionnels à la CSSMI

Caroline
Caroline d'Astous
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Manque de ressources

Le torchon brûle entre les parents d’élèves en difficulté et la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles (CSSMI). Depuis plusieurs mois, un comité de parents a vu le jour pour dénoncer les coupures dans l’offre de services professionnels pour aider au développement de ce type de clientèle dans les classes à effectif réduit et dans l’ensemble des classes au niveau des écoles primaires de son territoire.

(Photo Pierre Latour) Des parents d’élèves en difficulté ont pris la parole lors de la dernière séance des commissaires de la CSSMI pour demander l’ajout de professionnel dans les classes spécialisées: Sandrine Charlet, François Larin, Ghislai

Depuis le mois de janvier, les parents reviennent à la charge pour dénoncer les coupures dans l’offre de services devant les commissaires scolaires, lors des séances du conseil. Cette fois, le 27 avril, ils étaient accompagnés des différents représentants syndicaux des enseignants et professionnels qui sont venus les épauler dans la dénonciation du manque de professionnel dans les classes et les écoles du territoire. «Les plaintes contre les coupures de service à la CSSMI concernant les services professionnels auprès d’élèves en difficulté viennent de partout des quatre coins de la commission scolaire. Rarement à la CSSMI une décision a fait l’unanimité pour les mauvaises raisons», a dénoncé Michel Melançon, parent d’élève.

Les parents et les représentants des syndicats s’opposent à une décision de la CSSMI qui a eu pour impact de revoir la répartition des professionnels. Dans une lettre signée par Kateri Saint-André, coordonnatrice des services éducatifs complémentaires, le 14 mai 2009, les parents d’élèves en classe à effectifs réduits étaient informés que la CSSMI allait procéder à une diminution de services de professionnels. La fonctionnaire appuyait ses propos sur l’idée «d’établir des principes et des critères qui permettent une répartition équitable entre les écoles, d’intensifier les services aux besoins des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, et de permettre aux équipes-écoles de choisir les services qui répondent le mieux aux besoins des élèves», peut-on lire.

De l’avis des parents, cette modification a eu pour impact de diluer l’effet du travail du professionnel sur le développement des élèves en difficulté. «Les spécialités vont dans les classes une fois par deux semaines. Ils ont tellement d’élèves à voir maintenant qu’ils ne connaissent plus les enfants. Ils ne font que saupoudrer sur la difficulté», dénonce Sandrine Charlet, parent d’élève.

En plus de la réduction du temps alloué à un professionnel pour les élèves en difficulté, les parents dénoncent le retrait des orthophonistes et psychoéducateurs dans les classes à effectif réduit. «Les interventions sont désormais faites en groupe. Il n’y a plus de service individuel. Le professionnel rencontre plein d’élèves à la fois et ne tisse aucune relation avec nos jeunes», dénonce Michel Melançon.

Dans une lettre adressée aux parents, Marie-France Boyer, ex-directrice générale adjointe, en date du 9 décembre, expliquait que «les intervenants scolaires (enseignants, directions membres du personnel de soutien et professionnels) doivent convenir de la meilleure façon de rendre les services à tous les élèves qui nécessitent des interventions dans leur école, et ce, autant en provenance des classes régulières que des classes à effectif réduit». Celle-ci indique également que les interventions indirectes, sous forme de groupe, allaient être privilégiées dans l’ensemble des classes de la CSSMI. À bout de souffle, les parents doivent composer avec une nouvelle réalité. «C’est comme avoir un deuxième travail. Pour obtenir les services d’un professionnel que l’école n’offre plus, on doit se tourner vers le privé. Ça coûte cher, les listes d’attente sont longues et ça demande une bonne organisation du temps pour les parents», dénonce Ghislain Petit.

Les parents dénoncent également comme un non-sens le fait d’introduire les élèves en difficulté au sein des classes régulières si le service d’un professionnel n’est plus possible pour accompagner l’intégration. Le comité de parents invite les autres parents à se manifester via l’adresse reussitescolairecer@gmail.com.

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  • sandrine charlet
    17 juin 2010 - 15:23

    Merci. Transmettre notre mécontentement c'est aussi pousser la roue pour que les choses avancent. Les payeurs de taxes scolaires de la CSSMI ont le droit de savoir que l'argent n'est pas dépensé de façon réfléchie. C'est exact que l'ensemble des enfants scolarisés devrait avoir accès à des services. cependant il n'y en a pas assez et les enfants déjà déclarés à problème sont maintenant parqués dans des classes dites de langage...mais sans orthophoniste..on ne veux pas isoler ces enfants, ont veut les intégrer dans la société pour qu'ils ne soient pas un fardeau...mais sans outils ,sans professionnels c'est là qu'on les entraîne.

  • François Larin
    17 juin 2010 - 15:23

    Actuellement la CSSMI clame qu'elle donne du service à plus d'enfants, mais c'est en quantité nettement insuffisante pour les élèves qui sont au régulier et, de plus, pour pouvoir offrir ces services, elle a enlevé beaucoup de support aux élèves en difficulté. De plus, la CSSMI veut pousser vers l'intégration, ce qui en soi n'est pas une mauvaise chose, par contre, l'intégration sans support adéquat et sans ressource pour l'enseignant, nous on est contre. Notre regroupement de parents a besoin du soutien de tous les parents; ceci concerne également les parents qui ont des élèves du régulier car ceci pourrait nuire à leur apprentissage. On vous invite, au prochain conseil des commissaires, le 25 mai à 19h30, au centre multiservice de Ste-Thérèse. Merci