«On prône l’approche de donner une information juste, assure-t-elle. C’est une responsabilité éthique et professionnelle. Une fois que le parent est bien informé, la décision lui appartient d’allaiter ou non son enfant. S’il y a pression, c’est dommage. Quand une mère décide d’allaiter son enfant, il faut qu’elle ait le meilleur soutien possible parce que donner le sein est une méthode qui a été perdue dans notre culture.»
Les CSSS de Thérèse-De Blainville et du Lac-des-Deux-Montagnes préconisent la même approche, soit celle de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Unicef: l’initiative des Amis des bébés. Il s’agit de promouvoir, de protéger et de soutenir l’allaitement maternel en s’appuyant sur des données scientifiques, de manière à assurer le meilleur capital-santé pour la mère et l’enfant.
«L’allaitement naturel favorise le respect et le rythme du nouveau-né, la proximité de la mère et du bébé, et ça assure un meilleur attachement en apprenant à la mère à nourrir son bébé à sa demande, en reconnaissant les signes de la faim», fait valoir Mme Lapointe.
L’infirmière clinicienne du CLSC Jean-Olivier-Chénier, Hélène Côté, affirme qu'il importe pour la femme de faire un choix éclairé, et une fois qu'il est fait, de l’épauler même s’il ne s’agit pas d’allaitement. «Nous sommes amis de tous les bébés. L’objectif n’est pas que toutes les mères allaitent. Chaque parent fait ce qu’il pense être le mieux pour lui et son enfant. Ce n’est pas à moi de juger. Ma meilleure façon ne sera pas nécessairement sa meilleure façon», soutient-elle.
Le CLSC visite les nouveaux parents à leur demeure une fois qu’ils sont sortis de l’hôpital. Selon Mme Côté, le taux d’allaitement se situe à 75-80 %.
Témoignages
Mère d’Olivier, 21 mois, Valérie Lajoie fait partie des marraines d’allaitement du service de soutien Nourri-Source. Dans son cas, donner le sein s’est imposé de lui-même. Sept semaines après l’accouchement, des gerçures la font souffrir. Plutôt que d’arrêter, elle va chercher de l’aide et poursuit l’allaitement pendant 13 mois. «Je ne me suis jamais sentie jugée nulle part», assure-t-elle, mais elle était entourée de mères allaitantes et ses proches l’encourageaient à le faire.
Marraine depuis un an, elle répond aux questions des mamans et les réconforte. Donner le sein fait mal? Allez chercher de l’aide auprès de votre CLSC, suggère-t-elle.
Pour Julie Frigon, maman de Mathis, 3 ans, et enceinte de son deuxième enfant, il n’était pas question d’allaiter et ça tient toujours.
«À cause de ce que les femmes de mon entourage qui avaient allaité m'ont raconté, l'envie de donner le sein n'était pas présente. Je ne souhaitais pas essayer. Pour moi, les seins ce n’est pas à ça que ça sert», estime-t-elle.
À l’hôpital, elle assure ne pas avoir ressenti de pression malgré son choix de donner le biberon. «Je me suis sentie jugée par des gens qui ont essayé de me convaincre du contraire, de me faire sentir mère indigne, mais je n’ai pas changé d’idée. Mes proches m’ont appuyée», confie-t-elle.
Avoir le choix d’allaiter ou non
(Photo Michel Chartrand) Mère d’Olivier, 21 mois, Valérie Lajoie est une marraine d’allaitement chez Nourri-Source. «Ça vaut la peine d’essayer d’allaiter. Il ne faut pas se décourager et ne pas hésiter à aller chercher du soutien», affirm
Les mères, amies des bébés
Les nouvelles mamans se sentent-elles jugées selon le choix qu’elles font pour nourrir leur bébé? Certaines vous diront que oui, mais pour l’Agence de santé et services sociaux des Laurentides (ASSSL), c’est une question de perception. Selon la répondante régionale pour la périnatalité et la petite enfance de l’ASSSL, Nicole Lapointe, la pression sur les mères n’est pas prônée, bien au contraire.
- Nombre de fois lu : 258
- Coter
- Haut de page



.gif)