Le vigneron Daniel Lalande veut que Québec respecte sa parole

Benoît
Benoît Bilodeau
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Le vigneron Daniel Lalande, photographié l’été dernier à son vignoble de Saint-Eustache.

L’un des plus importants producteurs de vin au Québec, Daniel Lalande, propriétaire du Vignoble Rivière du Chêne, à Saint-Eustache, entend bien mener la lutte pour que le gouvernement du Québec et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et l’Alimentation du Québec (MAPAQ) respectent leur parole de les aider financièrement lorsqu’ils vendent leurs produits dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ).

C’est que les vignerons du Québec ont appris une bien mauvaise nouvelle, peu avant Noël, dans une lettre datée du 16 décembre, lorsque le MAPAQ les a informés que l’aide initiale qu’ils attendaient dans le cadre du Programme de commercialisation et de mise en valeur des vins québécois ne viendra finalement pas.

Même qu’ils n’auront pas droit à l’aide qu’ils avaient prévue recevoir pour l’année 2014-2015.

Dans le cas du vigneron Daniel Lalande, qui a vendu 74 000 bouteilles des vins dans les succursales de la SAQ durant cette période, c’est un montant de 100 000 $ qu’il recevra, plutôt que 235 000 $.

De 4 $ la bouteille à 1,34 $...

«Alors que le gouvernement distribue des subventions à Bombardier de 1,4 milliards, qu’il maintient une centrale en opération à Bécancour qui ne produit pas d’électricité et qu’il offre des bonis à ses gestionnaires d’État qui coûte aussi des millions, il a remplacé un programme d’aide à la commercialisation des vins du Québec pour sauver de l’argent de poche», de dénoncer ces dernières heures Daniel Lalande sur différentes tribunes, dont celle de vos hebdos du Groupe JCL.

Selon les nouvelles mesures du programme de commercialisation et de mise en valeur en question, l’aide maximale accordée est limitée à 100 000 $ par entreprise, ce qui touche les vignobles qui ont une plus grande production. C’est le cas du Vignoble Rivière du Chêne, mais aussi du Vignoble de l’Orpeilleur, du Domaine du Ridge et du Domaine Les Bromes.

À titre d’exemple, pour une de ses bouteilles vendues 15,75 $ dans une succursale, Daniel Lalande reçoit déjà de la SAQ un montant de 5,70 $. Cela ne change pas. Le programme gouvernemental, annoncé en novembre 2013 par l’ancien gouvernement péquiste, lui permettait de recevoir une ristourne additionnelle d’environ 4 $ du MAPAQ... au lieu de 1,34 $ comme c’est maintenant le cas.

Ne pas baisser les bras

En entrevue téléphonique, M. Lalande s’explique assez mal cette volte-face qui ne fera économiser, à son avis, que des «peanuts» au gouvernement et qui met aussi en péril la viabilité de plusieurs vignobles.

«Plusieurs avaient prévu des projets d’expansion, qui ne tiennent plus. C’est mon cas. J’ai acheté une terre de 25 hectares à Oka pour y planter des vignes dans cette optique. Cette terre s’ajoute au 16,5 hectares que je possède déjà à Saint-Eustache. Je fais quoi maintenant? Où vais-je pouvoir vendre ce surplus, alors que la SAQ représente, mis à part ma boutique, notre seul réseau de distribution», de lancer, en colère, Daniel Lalande, dont l’entreprise est en opération depuis 1998.

Assuré de l’appui des autres vignerons québécois, M. Lalande et ses collègues directement touchés par cette décision gouvernementale entendent bien se faire rembourser non seulement la somme manquante, mais obtenir le maintien du programme tel que prévu.

«Je suis un battant. Je ne baisserai certainement pas les bras. Nous sommes à évaluer ce que nous allons faire: une pétition, la vente de nos produits dans des lieux publics où nous n’avons pas le droit, bloquer l’accès au Casino de Montréal», de laisser entendre M. Lalande qui n’est pas trop chaude à l’idée d’envoyer pour le moment sa nouvelle production de vin rosée à la SAQ.

Appui du Vignoble Les Vents d’Ange

Invité à commenter la situation, le Vignoble Les Vents d’Ange, à Saint-Joseph-du-Lac, a offert son plein appui à Daniel Lalande et à ses collègues, et cela même s’il n’est touché par l’actuelle situation en raison du fait qu’il ne produit pas assez de bouteilles pour atteindre le plafond de 100 000 $.

«Je trouve la situation déplorable. C’est désolant. Évidemment que nous sommes solidaires avec notre confrère du Vignoble Rivière du Chêne. Comment rester indifférent à la situation? Nous savons l’investissement qu’il a fait et le travail qu’il a effectué au courant de la dernière année. Nous sommes avec lui dans cette période difficile. Nous ne sommes pas touchés directement. Par contre, nous investissons dans l’agrandissement de notre vignoble un peu chaque année... Il serait agréable de voir que le gouvernement nous soutient et qu’il continue de nous aider. Pas juste pour un trois ans... Parce qu’après, qu’est-ce qui se passe? On retombe à la case départ?», a fait savoir Catherine Lauzon, fille du vigneron André Lauzon, actuellement en France.

Organisations: SAQ, MAPAQ, Bombardier Groupe JCL Casino de Montréal Vignoble Les Vents d’Ange

Lieux géographiques: Québec, Vignoble Rivière du Chêne, Bécancour Domaine du Ridge Domaine Les Bromes Oka Saint-Eustache Ange Saint-Joseph-du-Lac France

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • Nathalie Leclercq
    13 janvier 2016 - 13:14

    J'appuie M. Lalande dans ses démarches contre le MAPAQ et le gouvernement du Québec. On nous demande d'acheter des produits québécois, mais les dirigeants ne les supportent pas comme promis. Au vignoble Rivière du Chêne sont produits des vins de très grande qualité. Entre autre le Monde (vin de glace), l'Adélard (vin apéritif à l'érable), le Phénix rouge, l'Éraportéross (vin rouge fortifié à l'érable), et plusieurs autres. Aidons nos producteurs de vins québécois.

  • Rejean Dupuys
    12 janvier 2016 - 15:25

    Je suis d'accord pour subventionner des produits de qualité comme certains fromages mais pas de la vinasse.