Daniel Germain, le missionnaire

Valérie Schmaltz
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La Chambre de commerce et d’industrie Thérèse-De Blainville peut se targuer d’avoir été l’une des très rares à accueillir à sa tribune le président fondateur du Club des petits déjeuners du Québec, Daniel Germain.

 

Le président fondateur du Club des petits déjeuners du Québec, Daniel Germain.

Spontané et simple, Daniel Germain a su toucher le cœur du parterre de gens d’affaires en leur parlant de son expérience, ou plutôt de son rêve qu’il poursuit, depuis maintenant 17 ans, de servir des petits déjeuners dans les écoles.

Parce que derrière ce geste quotidien se cache surtout une tendresse inconditionnelle de Daniel Germain envers les enfants. Un dévouement qui lui est venu lorsqu’il s’est retrouvé au Mexique, devant un dépotoir où vivaient 50 000 enfants. «J’ai eu honte de voir ce que j’avais devant les yeux et je me suis juré, cette journée-là, que je consacrerais le reste de ma vie à me battre pour les enfants.»

Trimbalé d’une famille d’accueil à l’autre jusqu’à l’âge de 8 ans, né d’un père issu du monde criminalisé, Daniel Germain a porté la misère de sa vie jusqu’à 23 ans, période marquante où il s’est retrouvé en prison, à New York. Extradé des États-Unis, il s’est alors engagé en mission humanitaire au Mexique et en Haïti pendant quelques années.

Chez lui

«Un jour, j’ai rencontré une femme qui m’a demandé: qu’est-ce que tu fais, chez toi? J’ai alors compris qu’on ne pouvait pas avoir de vision ailleurs, si on n’en avait pas chez soi», confie M. Germain. C’est ainsi que débuta la grande aventure du Club des petits déjeuners, en 1994. «C’était une idée folle! Je voulais juste nourrir les gens.»

Dix-sept ans plus tard, le Club des petits déjeuners du Québec rassasie 18 000 ventres d’enfants tous les jours et 128 000 au Canada.

Se définissant comme l’avocat des enfants, Daniel Germain ne délibère pas longtemps. «C’est aux parents de prendre soin de leurs enfants. Je crois que les enfants sont le Québec d’aujourd’hui et les chances doivent être égales pour tous. Nous sommes la première génération à pouvoir mettre fin à la pauvreté. Le problème, c’est qu’il n’y a pas grand monde qui en a envie…»

Comment changer le monde? «En changeant une personne à la fois», de répondre ce dernier.

2008

Un sondage effectué auprès de tous les enfants dans le monde et portant sur leur perception de la situation dans le monde a décontenancé un bon nombre de gens d’affaires lorsque Daniel Germain leur a donné le résultat.

«Devant l’assemblée des Nations Unies, on a demandé à un enfant de résumer en une phrase le contenu de cette recherche. Sa réponse fut la suivante: "Quand on regarde ce qui se passe, les adultes nous ont laissé tomber".»

Chaque jour, 25 000 enfants meurent dans le monde de cause non naturelle.

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