L’art dans l’espace public

Corinne Guimont
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Dans le cadre des activités liées au Sentier Art3, une conférence avec trois invités, sur le thème Inscrire l’art dans le paysage: l’art public rural et urbain, a eu lieu le 14 octobre dernier au Musée d’art contemporain des Laurentides.

Arbres-pont, installation de l’artiste Frédéric Saïa, dans le Sentier Art3.

Une visite commentée a eu lieu dans la matinée au Sentier Art3, au Parc du Bois de Belle-Rivière. Malgré le temps pluvieux, une douzaine de personnes étaient présentes. Dans l’après-midi, elles étaient invitées à venir entendre les trois conférenciers qui ont traité des différentes perspectives de l’intégration de l’art dans l’espace public.

La conférence a débuté avec le commissaire Karl-Gilbert Murray, qui a analysé les trois nouvelles œuvres qui se retrouvent au Sentier Art3, soit celles des artistes Joachim Jacob, avec Rocaille sauvage, Ed Pien et sa Configuration, et la Charpente végétale de Frédéric Saïa.

M. Murray a souligné que les nouvelles œuvres sont inspirées par leur environnement où le spectateur est impliqué. Le processus de création des artistes a été influencé par leur rencontre avec la nature, leur culture et par une intervention subtile sur le paysage. «Ces œuvres ont inventé de nouveaux paysages, les imitent ou s’y confrontent», exprime-t-il.

Le commissaire a également parlé du dialogue entre la nature, l’œuvre, l’artiste ou les passants. «La nature est un endroit propice à la contemplation et la communication, chaque œuvre est exhibée sans pudeur et marque le passage du temps», a-t-il conclu.

La deuxième invitée était Isabelle Riendeau, agente de développement culturel au Bureau d’art public de la Ville de Montréal. Elle a abordé un projet qui a demandé la participation des résidants des Habitations Jeanne-Mance, qui regroupent 800 logements sociaux.

L’idée était d’aménager une œuvre dans le parc situé devant les Habitations, afin que les résidants provenant de 70 nationalités puissent l’utiliser en toute sécurité et s’y sentent bienvenus. «Un grand défi», souligne Mme Riendeau. C’est l’artiste Luce Pelletier qui a eu le mandat de travailler avec les résidants pour produire une œuvre fragmentée sur pierre, surmontée d’une feuille en métal aux symboles appartenant à neuf communautés des Habitations. «C’est un projet qui est allé au-delà de nos attentes et qui a alimenté la réflexion sur la place du public dans le processus de création d’une œuvre, ce qui demande une ouverture d’esprit et de l’humilité pour l’artiste.»

Lise Létourneau, artiste multidisciplinaire et présidente du Regroupement des artistes en arts visuels du Québec, est venue parler de sa démarche et expliquer comment son art prend vie dans l’espace. Ses œuvres sont très éphémères, c'est-à-dire qu’une fois réalisées, elles sont photographiées et disparaissent ensuite, soit de manière naturelle ou par intervention directe.

Elle joue avec le paysage sur l’inspiration d’un moment. Cet instant recèle, pour l’artiste, «quelque chose de magique qui se passe à ce moment-là» et c’est le support photographique ou la vidéo qui en est le témoin.

Ces conférences ont soulevé des discussions du public comme sur la question de la conservation des œuvres aujourd’hui, l’utilisation des matériaux dans cette idée ou la question du temps qui est relatif, particulièrement avec les supports technologiques dont on ignore la réelle durée de vie.

Organisations: Bureau d’art public, Ville de Montréal

Lieux géographiques: Bois de Belle-Rivière, Québec

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