Colectivo: en famille

Joëlle Desjardins
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L’actuelle saison de la série Place du Village en spectacle tire déjà à sa fin. En effet, le mardi 7 août se déroulait l’avant-dernier concert de l’été en compagnie de la formation Colectivo. Celle-ci a su ensoleiller, entre autres avec les chansons de son plus récent album, Tropical Trash, une soirée encore une fois menacée par la pluie et des nuages d’un gris inquiétant.

Les membres de Colectivo ont joyeusement chassé la grisaille, mardi dernier, à Sainte-Thérèse.

«Colectivo» tire son nom des transports en commun sud-américains, bondés et bruyants, dont il se dégage une atmosphère foisonnante et bigarrée. La formation s’en inspire aussi pour sa philosophie, son esprit: «un regroupement de personnes uniques partageant valeurs et implications.»

Composé de onze musiciens issus de plusieurs groupes de la scène alternative montréalaise, mais aussi d’origines ethniques variées, Colectivo prône l’égalité, l’abolition des frontières culturelles et l’ouverture d’esprit. Cela se traduit par des textes en français, en espagnol et en anglais, portés par des rythmes festifs, latins ou jamaïcains, flirtant parfois avec le rock ou encore le hip-hop.

Après dix ans d’existence et trois albums, la musique du groupe se fait toujours plus riche, grâce aux expériences personnelles et culturelles de ses membres. Anecdotes de tournées, histoires d’amour, constats sociopolitiques sont souvent au menu de ce concert à l’ambiance joyeusement colorée.

C’est pourtant par un reggae instrumental plutôt sombre, nocturne, que les musiciens font leur entrée sur scène. Ils passent cependant sans trop tarder à des rythmes latins enflammés, les cuivres côtoyant l’accordéon, les percussions, les claviers, les guitares et la basse.

L’atmosphère est à la fête sur scène, là où sont réunis, dans une complicité de tous les instants, les membres de Colectivo. Les taquineries propres aux gens qui se connaissent depuis longtemps et ont partagé la promiscuité d’un autobus de tournée fusent immanquablement, mais la chanteuse Shantal Arroyo s’assure d’inclure le public dans la plaisanterie.

Cette dernière incarne par ailleurs parfaitement la diversité culturelle au sein de Colectivo: d’origine mexicaine, elle s’exprime avec l’accent caractéristique du Lac-Saint-Jean, avant d’entonner Waiting for Love dans un anglais tout à fait maîtrisé ou encore Adele dans un espagnol parfait.

Bientôt, le rythme envahit aussi le parterre, alors que les enfants, surtout, semblent appelés par les percussions entêtantes et les irrésistibles accents reggae, latins et ska, par les rythmes sautillants et les cuivres éclatants. La musique de Colectivo, estivale et ensoleillée, parvient à nous faire oublier la grisaille ambiante. Les ritournelles sont accrocheuses et dansantes, festives et rassembleuses. L’esprit de famille qui règne sur scène et le plaisir palpable de s’y trouver, particulièrement de s’y trouver ensemble, sont contagieux.

Et si les membres de Colectivo évoluent sur scène avec beaucoup de décontraction, ils évitent toutefois le piège de la nonchalance. Leur musique demeure précise, riche en textures sonores, habilement métissée. Ils terminent avec la pièce Colectivo, celle qui «unit tous les genres de peaux, de cheveux et de musique, toutes les races dans la race humaine», avant d’être longuement salués par une ovation debout des plus sincères, accordant un rappel endiablé à une foule comblée.

Pour conclure la présente saison de Place du Village en spectacle, c’est à Marie-Chantal Toupin que l’on a fait appel. Elle y sera donc le mardi 14 août à 19 h 30.

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