Portrait de famille

Joëlle Desjardins
Envoyer Ă  un ami

Envoyer cet article Ă  un ami.

PrĂšs de deux annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es depuis le dernier passage de l’humoriste Philippe Bond en sol tĂ©rĂ©sien, alors qu’il y prĂ©sentait son premier spectacle solo, J’ai confiance en moi. C’est avec ce mĂȘme opus qu’il s’installe au ThĂ©Ăątre Lionel-Groulx pour une partie de la saison estivale, dont il partagera d’ailleurs la vedette avec Marie-Lise Pilote.

Observateur et excellent conteur, Philippe Bond dĂ©peint les situations avec une bonne dose d’autodĂ©rision et des textes simples et efficaces.

De l’eau a coulĂ© sous les ponts depuis sa derniĂšre visite: Bond s’est vu dĂ©cerner l’Olivier de l’annĂ©e au dernier gala du mĂȘme nom et il est dĂ©sormais Ă  la barre de la version quĂ©bĂ©coise de The Price is Right, mais Philippe Bond demeure toujours aussi sympathique et accessible.

Le public, fĂ©brile, l’attend impatiemment. Mais les spectateurs accueillent tout d’abord avec enthousiasme Pascal Morissette qui le prĂ©cĂšde sur scĂšne pour une brĂšve premiĂšre partie. Celui-ci joue Ă  «ni oui ni non» avec un douanier amĂ©ricain avant d’aborder avec un mĂ©lange de cynisme et de naĂŻvetĂ© la quĂȘte de la cĂ©lĂ©britĂ© ou encore les contradictions dans l’astrologie. Il relate Ă©galement les consĂ©quences de son passage Ă  l’émission du fascinateur Messmer avant de rĂ©aliser l’exploit de toucher son coude avec sa langue. Oui, oui, c’est possible, je l’ai vu! Pascal Morissette nous laisse sur «sa seule imitation», soit celle, bien juste, de Bruno Landry commentant les «drĂŽles de vidĂ©os» de l’émission Rire et dĂ©lire, avant de cĂ©der le micro et un public rigolard Ă  la tĂȘte d’affiche Philippe Bond.

Sous les applaudissements nourris de la foule, ce dernier prend place devant un superbe dĂ©cor de panneaux translucides, dont l’éclairage judicieux rĂ©vĂšle escaliers et structures mĂ©talliques. Content d’y ĂȘtre, il nous entraĂźne rapidement dans le quotidien ordinaire ou extraordinaire de sa famille, qu’il place au cƓur de son spectacle. Une famille aux liens tissĂ©s serrĂ©, aux membres qui nous rappellent immanquablement ceux de notre propre famille: une grand-mĂšre en apparence dĂ©connectĂ©e mais Ă  la rĂ©partie surprenante, un pĂšre complice, dans la lune et sans filtre, une mĂšre au grand cƓur et Ă  la cuisine salvatrice. Ajoutez Ă  cela deux neveux carburant aux idĂ©es saugrenues, un frĂšre tĂ©mĂ©raire et une sƓur Ă  la fois protectrice et tĂȘte de Turc de ses deux frĂšres ou encore un «mononcle» un peu mouton noir. Ce portrait de famille s’avĂšre une source intarissable d’anecdotes et de situations rocambolesques, dont Philippe Bond assure qu’elles sont authentiques. Il les raconte avec un vocabulaire imagĂ© et un jeu trĂšs physique, n’hĂ©sitant pas Ă  personnifier les personnages de ses histoires et pourquoi pas, les objets. Celui qui se dĂ©crit comme un joueur de tours invĂ©tĂ©rĂ© ne peut rĂ©sister Ă  l’appel du gag, multipliant les coups pendables qu’il confesse avec dĂ©lices, mĂȘme si l’arroseur est parfois arrosĂ©. Observateur, excellent conteur, il dĂ©peint les situations avec une bonne dose d’autodĂ©rision et des textes simples et efficaces, ce qui fait de ce premier spectacle solo un spectacle rassembleur et familier, un drĂŽle portrait de famille dont il cĂ©lĂšbre affectueusement les bons coups et les petits travers.

Philippe Bond sera au ThĂ©Ăątre Lionel-Groulx les vendredis et samedis, du 13 juillet au 25 aoĂ»t.

Organisations: Théùtre Lionel-Groulx

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires