ScrapArtsMusic: virtuoses de la soudure et du rythme

Joëlle Desjardins
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Chose certaine, les membres du collectif ScrapArtsMusic ont dû donner des maux de tête à leurs parents étant enfants! On les imagine sans peine parcourir la maison, à tenter d’extraire la musicalité des objets du quotidien, transformer en instrument de percussion la moindre casserole ou plinthe électrique.

Le spectacle de ScrapArtsMusic suit un rythme serré, dont chaque minute fascine, fait rire, émerveille.

La compagnie originaire de Vancouver, de passage au Théâtre Lionel-Groulx la semaine dernière, se distingue en effet par ses pièces aussi créatives que percussives, jouées sur des instruments créés à partir de diverses ferrailles récupérées.

Ce sont, en fait, de véritables sculptures mobiles à l’esthétique soignée et tout en courbes, conçues par le membre fondateur Gregory Kozak, que l’on décrit comme un «virtuose des percussions avec un talent pour la soudure». Pièces d’accordéons ou de bateaux, éléments d’artillerie ou de plomberie, autant d’objets disparates réunis de manière inattendue, habile, étonnante.

Outre Kozak s’activent sur scène Spencer Cole, Christa Mercey, Simon Thomsen, Greg Samek et Malcolm Shoolbraid qui, dans un synchronisme impressionnant, maîtrisent ces instruments ludiques aux noms amusants et équivoques: l’agaçophone, composé de tuyaux de lave-vaisselle, d’anches de cornemuse et de ballons de baudruche, dont on laisse s’échapper l’air, ou encore la «cannette tourbillonnante de tous les dangers» et autres «tambours Scorpions».

Chaque chorégraphie nous transporte dans un univers différent, en musique comme en lumière. Sont par moment évoquées des sonorités cristallines aux accents asiatiques, des percussions entêtantes et primitives, en passant par une jungle foisonnante ou encore des ninjas de jeux vidéo, le tout appuyé par des atmosphères lumineuses crues, dramatiques, rêveuses ou mystérieuses.

Le spectacle suit un rythme serré, dont chaque minute fascine, fait rire, émerveille. Les temps morts n’existent pas, les silences non plus d’ailleurs, chaque instant étant chorégraphié et appuyé musicalement. ScrapArtsMusic tire le maximum de chaque instrument, extirpant des sonorités et des rythmes inusités des plus menus objets, des plus étranges combinaisons. Intrigué, le public découvre avec un plaisir non dissimulé de nouvelles créations placées au cœur de numéros à la cadence enlevante pour la plupart, délicate pour d’autres.

Le jeu des interprètes, très physique, se fait aussi théâtral, voire clownesque. Leurs gestes sont d’une précision surnaturelle, témoignant d’innombrables heures de répétition et d’exploration. Il est clair que les membres du groupe ne sont pas des bricoleurs de ferraille, mais des virtuoses des percussions à la créativité sans limites, toujours à la recherche de la moindre parcelle de musique là où on s’y attendrait le moins.

ScrapArtsMusic offre un spectacle d’une énergie et d’une inventivité hors du commun, nous rivant à notre siège, nous arrachant des oh! et des ah! Si votre curiosité a été titillée, je vous invite à visiter le [http://vimeo.com/channels/scrapartsmusic] pour être époustouflé à votre tour.

Organisations: Théâtre Lionel-Groulx

Lieux géographiques: Vancouver

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