Cégeps en spectacle: la locale en détail

Joëlle Desjardins
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Avant d'élire le vainqueur en la personne du guitariste virtuose Horea Pauna, de même que d'accorder des mentions honorables à Fasept et au Groupe Xavier-Charles Fecteau, le jury de cette 33e finale locale de Cégeps en spectacle avait toute une brochette de numéros à se mettre sous la dent.

C'est la formation Milia qui ouvre le bal, présentant des compositions aux atmosphères planantes, foisonnantes, utilisant au niveau vocal la musicalité des sons plutôt que les mots. Leur seconde pièce progresse en richesse et en intensité alors qu'est projeté un collage vidéo aux images inquiétantes.

Les suit sur scène Judith Chartier, laquelle nous dépayse pour une deuxième année consécutive avec un numéro envoûtant de baladi. Pleine d'une sensualité sans vulgarité, elle ondule gracieusement jusqu'au moindre fléchissement du poignet, faisant virevolter un fin voile avec habileté, explorant des rythmes variés et exotiques.

Seule au piano, Valérie Carpentier s'amène sur le plateau avec décontraction et naturel. De sa voix particulière, un peu éraillée, elle offre deux compositions aux ambiances différentes et aux textes à la fois simples et forts, une C'est ben l'boutte plutôt sombre et amère suivie d'une Pause aux accents jazz.

Un autre soliste fait bientôt son entrée en scène, à la guitare cette fois-ci. Il s'agit d'Alex Flamand qui y va lui aussi de deux compositions. Wakalo se fait ensoleillée et positive, avec sa saveur reggae, alors que J'me pousse se teinte de nostalgie, histoire de laisser l'enfance derrière et d'embrasser sa vie d'adulte, le tout dans une poésie du quotidien qui rappelle Vincent Vallières.

Pour la seconde prestation dansée de la soirée, Kevin Qian propose avec enthousiasme un numéro de hip hop inspiré des ninjas et de leur entraînement, traduisant par le rythme et le mouvement la maîtrise de l'eau, de la terre et du vent, qu'il termine sur une note rigolote.

Avec la formation Amal'gammes, c'est un tour d'horizon du répertoire Québécois, a capella, qui nous est présenté.  Les membres du groupe les interprètent à leur façon, tout en harmonies vocales, pour exprimer leurs pensées, leurs émotions, leurs réflexions.

À son tour, Andréanne Sabourin-Côté s'installe au piano. Des notes cristallines, délicates, un peu inquiétantes s'en élèvent alors qu'elle nous livre avec une douleur contenue sa composition Maman, personnelle, touchante. Puis, alors que l'on patiente pendant la délibération du jury, le duo formé de Charles Roy et Gabrielle Bouchard y va d'un joli numéro tout en douceur, à la fois musical, théâtral et poétique.

Mais une surprise de taille nous attend au retour de l'entracte, alors que Lucien Abbondanza-Bergeron, Tommy Lavallée et Sylvain Lebeau, l'illustre trio d'animateurs des trois dernières éditions, se pointe sur scène afin de faciliter notre attente. Ils en profitent pour présenter quelques extraits de leur spectacle à venir, À sa plus simple expression. Un moment de rigolade franchement absurde, avec ces trois complices que l'on retrouve avec joie.

Rappelons que c'est sous le thème «Lionelstock» que se déroule la soirée, sous l'égide de Philippe Boutin, Guillaume Laurin et Christophe Payeur. Sous les traits (et les perruques) des membres du groupe Top Démon, ils entraînent le public dans une saga remplie de trahison, de cascades et de personnages loufoques que l'on suit sous forme de feuilleton, entre les numéros présentés par un Mario Plate résigné à faire partie du spectacle. Comme toujours, l'orchestre maison a contribué à rythmer la soirée par sa présence solide, à l'instar de l'équipe technique.

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