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Je t’aime à la livre



(Photo Michel Chartrand)
Patrice Laliberté

(Photo Michel Chartrand) Patrice Laliberté

Luc Proulx
Publié le 21 Mai 2010
Publié le 17 Juin 2010
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Cinéma

On parle peu, mais on mange tout le temps, dans Je t’aime à la livre, un court-métrage de Patrice Laliberté élaboré à partir d’une nouvelle de Claude Daigneault, et qui suscitait de fort belles réactions au 28e Rendez-vous du cinéma québécois.

Sujets :
Romuald , Ville de Blainville , UQAM

La nouvelle du départ s’intitulait La Petite vengeance et le scénario qu’en a tiré Patrice Laliberté, en collaboration avec Léa Traversy, choisissait de faire parler tout autant l’image que le couple d’âge mûr campé par Jean-Guy Bouchard (Romuald) et Jeanne Ostiguy (Janika).

Suspectant une infidélité, Janika décidera de reprendre son Romuald par le ventre, une prise qui lui sera fatale. La libido tombe dans l’estomac et le vide du couple sera comblé à la fourchette, dans cette production de Julie Groleau.

L’image raconte donc plus que le texte au ton volontairement laconique, avec des séquences de rayons de supermarché dont l’abondance de victuailles tranche avec le vide consternant de la vie du couple.

Le jeu très fermé des comédiens et les plans de caméra qui les isolent, même dans le couple, contribuent à donner un ton particulier au film, dans une atmosphère étouffante que les quelques notes pianistiques d’Olivier Binette appuient bellement.

Il faut aussi ajouter la comédienne Anick Cromp, dans le rôle de Lucette, et vous aurez compris que, malgré l’appui matériel de Cinéfilm et un support financier de la Ville de Blainville, c’est avec des moyens minimes que le directeur artistique de Kino 40 arrivait à tourner ses 19 minutes 16 secondes. «L’auteur a bien réagi au film», de commenter Patrice Laliberté, quoique la réponse devait surtout venir du public. «La réaction a été vraiment bonne dans la salle», continue-t-il, à propos de son passage au Festival de MicroCinéma.

L’étudiant en cinéma se fait donc confiant des bons commentaires reçus après le générique de son film et il va sans dire que Je t’aime à la livre deviendra sa carte de visite, lui qui a aussi coréalisé le documentaire Louise Boucher: émailleuse.

Ce jeune diplômé de l’UQAM (il n’a que 23 ans en fait) a été reconnu par le maire François Cantin, lors de la dernière présentation de la soirée Blainville tu m’inspires!, ce qui ne fait qu’ajouter à sa confiance dans l’avenir, malgré toutes les difficultés de tournage inhérentes au marché francophone d’Amérique.

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