Ainsi, le public et le jury ont d’abord pu apprécier la précision des gestes du danseur Olivier Houle, lequel donnait dans le hip-hop et le popping. Dans une ambiance de mystère, le danseur masqué a soulevé l’enthousiasme du public par son traitement du mouvement, se faisant d’abord homme-machine, puis impressionnant la foule par son travail d’équilibre au sol dans la portion hip-hop du numéro.
C’est la chanteuse soliste Élisabeth Mottard qui s’est ensuite emparée du plateau, débutant en douceur avec la pièce Aime de Lara Fabian, à laquelle elle prêtait sa voix nuancée et maîtrisée. Occupant bien l’espace, la gestuelle travaillée, elle semble chez elle sur scène, particulièrement lorsqu’elle interprète Hollywood Freak, en hommage à son idole Diane Dufresne, les yeux brillants de fougue.
Puis, une voyageuse est entrée en scène dans une atmosphère quasi surnaturelle, valise à la main. C’était Shauna Bonaduce-Boileau, présentant le premier numéro théâtral de la soirée. Personnage aux allures de poupée fragile, la voyageuse attendant le train de la vie, effrayée, courageuse, se heurtant au temps qui passe, au destin qui déraille, aux mensonges, dans une interprétation intense, dramatique et captivante.
Marie-Josée Sauriol, auteure-compositrice-interprète, a ensuite foulé la scène, drapeau du Québec en main et fleurs de lys projetées sur les murs. Le ton était déjà donné pour ses compositions engagées ayant pour thème l’identité québécoise et l’histoire de notre peuple. Ses interventions bien préparées, avec assurance, elle nous présentait à la guitare, d’une voix chaude et douce, Lettre à Durham et Comme je suis.
Le collectif Toi, composé de Julien Lemire, Maxime Leduc et Cindy de Courval-Gamache, a ensuite dérouté le public avec le pari le plus audacieux de la soirée: métisser arts visuels, théâtre et DJ pour un triple impact émotif. Livrant un monologue tiré d’Andromaque appuyé musicalement et traduisant aussi le drame en peinture, le trio a présenté un amalgame curieux, mais efficace d’intensité dramatique. Alexandre Couillard, artiste de beatbox, aurait sans doute remporté le prix Coup de cœur du public, si ce dernier était toujours d’actualité! En effet, il a fasciné la foule avec la multitude de rythmes et de sons qu’il recréait avec sa bouche pour seul instrument. Puis, s’installant au clavier, il a à la fois assuré la partie mélodie et la partie percussive de pièces musicales, métissant deux formes d’art rarement associées, repoussant ses propres limites, mais aussi celles de son art, générant ainsi la plus forte réaction de l’assistance.
La compétition s’est terminée avec un second numéro théâtral, Valse avec Robin sans (e), présenté par Moustapha Aramis, Philippe Boutin, Sarah Dionne, Julie Leclerc, Joanie Martel, Mélanie Labonté, Sasha-Emmanuelle Migliarese et Christophe Payeur, tous étudiants de première année en Interprétation théâtrale. Dans ce récit à la forme originale, on suit l’amitié de Pat et d’Alex du point de vue de ce dernier, éternel deuxième, toujours dans l’ombre, «Robin à tout jamais». L’utilisation judicieuse des lampes de poche, les chœurs et le rythme syncopé en ont fait un numéro rafraîchissant et bien interprété.
Après la performance explosive de Velours et ses rubis, gagnants de la précédente édition, le jury, mené par un François Bernier survolté, a choisi de couronner Jasmine Bee Jee au terme de cette soirée où les arts de la scène ont été à l’honneur.
La finale locale à la loupe
(Photo Pierre Latour) Shauna Bonaduce-Boileau a livré une interprétation intense, dramatique et captivante.
Cégeps en spectacle
Avant d’accorder les grands honneurs à Jasmine Bee Jee et d’octroyer les deuxième et troisième places aux formations musicales Héliogabale et Neige, le jury a d’abord dû considérer une sérieuse brochette de prétendants au titre. Entrecoupés de sketches d’animation décortiquant le thème de l’audace, aux liens toujours présents même si parfois tirés par les cheveux, se sont succédé une dizaine de numéros variés, de la musique au théâtre en passant par la danse et la performance.
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