Y a-t-il une recette Pierre Lapointe? Peut-être le collage de textes hautement métaphoriques sur des musiques aussi entraînantes que les grandes chansons pop des années 1960 constitue-t-il le procédé de ces chansons que l’on fredonne facilement, mais avec toutes les difficultés du monde à retenir les paroles.
En fait, il n’y a que le talent pour expliquer le phénomène Pierre Lapointe, y compris celui des cinq musiciens qui étoffent ses compositions avec des arrangements suffisamment porteurs pour y greffer les 80 instrumentistes de l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin.
Il faut tout aussi bien être musicien, pianiste en l’occurrence, que poète pour arriver à écrire de telles chansons et la personnalité de l’auteur, compositeur et interprète doit être considérée dans l’équation d’un tel succès qui fait des vagues dans l’océan en voguant vers toute la francophonie.
C’est en 2001 que le nom de Pierre Lapointe tombait pour une première fois sur un fil de presse, alors qu’il remportait dans la même année le Festival de la chanson de Granby, puis le Prix ROSEQ-Rideau. Ses Petites chansons laides ont suscité un vif intérêt qui a culminé avec La Forêt des mal-aimés, dont le vidéoclip Le Colombarium a vite conquis radios et télés.
Avec son disque éponyme, le chanteur a récolté six Félix en 2005 et le spectacle Périphonique mettait un autre jalon à l’ascension de sa carrière que le film Mutantès préservera en mémoire.
Sur scène, samedi dernier, il était aussi joyeusement condescendant qu’un Martin Matte, en disant qu’après son passage «les gens de Sainte-Thérèse pourront dire qu’ils ont vu un vrai spectacle», mais l’intelligence de ses textes oblige le respect et toute tentative de s’aliéner ses auditeurs achoppe dès les premières notes de la chanson suivante.
Il y avait très peu d’effets de scène et même aucun décor à ce spectacle musicalement très solide qui portait au plus haut des textes qui se situent déjà au top niveau de l’échelle de la sémiotique peircéenne, une parole qui semble arrachée aux tripes et que cette voix haute et gutturale nous livre dans toute sa substance littéraire.
Il y a vraiment du génie dans ce garçon et il n’aura jamais fini d’étonner.
La pop métaphorique de Pierre Lapointe
Musique
Il avait déjà rempli la salle du Théâtre Lionel-Groulx pour sa Forêt des mal-aimés et tous sont revenus bonder l’auditorium jusqu’au balcon pour entendre ses Sentiments humains. Les débuts fulgurants de Pierre Lapointe n’avaient décidément rien d’un feu de paille.
- Nombre de fois lu : 212
- Coter
- Haut de page









.gif)