Avec André Lavergne à la guitare, Marc-André Landry à la basse et Vincent Carré à la batterie, mademoiselle chante le blues. Celui de B.B King ou de Peggy Lee, de Térez Montcalm ou d’Aretha Franklin, auquel elle intègre quelques-unes de ses propres compositions qui ont, selon elle, leur place dans un tel concert.
La voie puissante et grave, un peu éraillée, ce qui sied parfaitement au style, Catherine Labrecque dégage une solide énergie, un charisme certain. C’est avec assurance et un plaisir visible qu’elle enchaîne la Mademoiselle chante le blues de Patricia Kaas et Rock Me Baby de B.B King, dans un concert qui se déroulera sous le signe de la décontraction, elle et les Fried Caths comme une bande d’amis qui joueraient dans le sous-sol de la maison familiale et qui nous laisseraient écouter. L’ostie de routine, est une composition entraînante qui dépeint un quotidien dans lequel tout un chacun peut se reconnaître, avec un texte accessible recelant de bonnes trouvailles linguistiques et humoristiques.
Le rythme devient ensuite plus langoureux, pour une interprétation intense de la pièce I Can’t Quit you Baby de Led Zeppelin, durant laquelle la chanteuse se retire un peu pour laisser la place à ses complices et admirer, à l’instar du public, leur excellent travail. Catherine Labrecque impressionne aussi avec son interprétation magistrale de I Never Loved a Man the Way I Love You d’Aretha Franklin, et relève le défi qu’elle s’était lancé avec I’m a Woman de Peggy Lee, pièce au groove certain et au débit ultrarapide.
Au rythme de Parle pas si fort de Térez Montcalm, on claque spontanément des doigts, puis on rit un peu jaune des déboires d’une Madame Prospère à la finale bien en voix. Dans Get it While You Can de Janis Joplin, la voix de Catherine Labrecque et sa présence solide envahissent la Place. Idem pour I Ain’t Got You des Yardbirds, que le groupe livre avec énergie et aplomb, et l’on ne peut s’empêcher de battre la mesure.
Elle invite également un public discret, mais respectueux à chanter avec elle sur Mes blues passent pu dans’porte, avant de transmettre toute la fibre sensuelle du blues avec I Just Want to Make Love to You des Rolling Stones. Avec une version blues de sa composition Tu fit dans l’décor, Catherine Labrecque offre une superbe chanson d’amour, différente et loin des fleurs bleues, un hommage à l’autre sans flaflas, simplement vrai. Enfin, pour terminer cette soirée de blues de manière endiablée, Catherine Labrecque et les Fried Caths mettent toute la gomme avec la Roadhouse Blues des Doors, qui réveille finalement les ardeurs du public qui se lève de bon cœur pour danser un peu.
Mardi prochain, c’est le quatuor vocal Tocadéo qui vous attendra sur la Place du Village. Composée de René Lajoie, Dany Laliberté, Benoit Miron et Patrick Olafson, la formation «inspirée des grands noms et des grandes voix» vous transportera dans l’univers des grands classiques de la chanson.
Mademoiselle chante le blues
Catherine Labrecque
C’est sous un ciel toujours variable que se poursuit la série des spectacles du mardi sur la Place du village. Des rythmes exotiques, on est passé en mode blues avec Catherine Labrecque et les Fried Caths, le 14 juillet dernier.
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