Parmi les autres usines connues, mentionnons également Les Ateliers Ducharme-Casavant, qui a opéré entre 1838 et 1853 (année de son départ pour Saint-Hyacinthe), La Cie de pianos Thomas Foisy, sur la rue Turgeon, la Compagnie Canadienne de pianos de Sainte-Thérèse-de-Blainville, née de l’association de Damase Lesage et Procul Piché, Pianos J.A. Laurin ltée, rue Saint-Alphonse, et The Colonial Piano Ltd.
En 1970, face à la montée de la mondialisation des marchés et à la présence de plus en plus sentie de la télévision dans les foyers, l’industrie du piano amorce un déclin qui lui sera fatal. De plus de 100 usines de pianos au Canada en 1850, il n’en restera plus que 14 en 1959, six en 1976, trois en 1986, dont l’usine Lesage – qui verra ses biens saisis cette même année. La dernière usine de pianos au Canada, l’usine ontarienne Sherlock-Manning, fermera quant à elle ses portes en 1990.
Pour ne pas que cette époque sombre dans l’oubli, le président de la Société d’histoire et de généalogie des Mille-Îles, J.G. Gilles Charron, publiait récemment, à compte d’auteur, un livre intitulé L’histoire de Sainte-Thérèse par ses vieilles maisons: rues Turgeon et Dubois (et rues connexes) et ses usines de pianos. Aujourd’hui, il rêve d’un musée du piano. «L’idée d’un musée du piano à Sainte-Thérèse mijote depuis un certain temps déjà. Il me semble qu’on ne peut pas passer à côté de cela», estime-t-il.
D’autant que la Ville semble également en faveur du projet. «Effectivement, c’est une idée qui remonte même au temps où Élie Fallu était maire», de commenter, lorsque interrogée, Francine Pétrin, directrice du Service des arts et de la culture à la Ville de Sainte-Thérèse. Lors d’un séjour en France, Mme Pétrin a d’ailleurs visité le seul musée du piano en France, celui de Limoux, un musée logé dans une église et qui abrite quelque 150 pianos. «Bien sûr, comparé à cela, le terme de "musée" pour Sainte-Thérèse est peut-être un peu gros, mais il reste qu’on aurait certainement sept compagnies à mettre en valeur», ajoute-t-elle.
Politique du patrimoine
Selon Mme Pétrin, bien des étapes demeurent toutefois à franchir avant même de faire l’acquisition des pianos ou de trouver un local où les exposer. Comme, mettre de l’avant une politique du patrimoine notamment. «Nous y travaillons actuellement», a-t-elle avancé.
C’est aussi dans cette optique que la Ville a récemment annoncé son adhésion au réseau Villes et villages d’art et de patrimoine et, par le fait même, l’embauche d’une agente de développement culturel, Anne-Marie Larochelle, dont le mandat consiste, entre autres, à travailler à la mise en valeur du patrimoine existant. Au menu déjà, l’évaluation de la bâtisse abritant le musée Joseph-Filion, dont le contenu du rapport devrait être diffusé au cours du mois d’août, mais dont on sait déjà que l’importante valeur patrimoniale de la seule maison de forgeron encore existante dans la région des Basses-Laurentides ne fait aucun doute.
Bientôt un musée du piano à Sainte-Thérèse?
(Photo Yves Déry) Selon J.G. Gilles Charron, la Ville de Sainte-Thérèse, compte tenu de son glorieux passé de Capitale canadienne du piano, ne peut pas passer à côté d’un musée du piano.
L’idée fait du chemin
Autrefois surnommée la Capitale canadienne du piano, la Ville de Sainte-Thérèse a longtemps été reconnue pour ses usines de pianos (19 au total). Même si plusieurs n’ont existé que sur papier, il n’en reste pas moins que Sainte-Thérèse a vibré pendant plus de 150 ans (de 1838 à 1989) au rythme de ses usines, dont les trois principales – Willis, Pianos Sénécal et Quidoz et Les Pianos Lesage – auront certainement marqué son histoire.
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