Marjorie Dugas: acte de bravoure au Costa Rica

Valérie Schmaltz
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En vacances sur une plage du Costa Rica, en janvier dernier, Marjorie Dugas, 38 ans, n’a pas hĂ©sitĂ© un instant Ă  porter secours Ă  un couple en dĂ©tresse qui se dĂ©battait dans un courant de retour, un phĂ©nomĂšne marin extrĂȘmement dangereux pour quiconque ne connaĂźt pas les techniques de natation appropriĂ©es pour s’en sortir.

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«Je faisais du bodyboard (planche attachĂ©e au poignet) lorsque je les ai vus. Ils Ă©taient ĂągĂ©s dans la mi-trentaine et la femme criait Ă  l’aide. Son conjoint, lui, Ă©tait complĂštement paniquĂ©, car tous les deux Ă©taient entraĂźnĂ©s vers l’ocĂ©an», relate la Blainvilloise.

On reconnaĂźt les courants de retour par le corridor qu’ils crĂ©ent entre deux vagues, une sorte de couloir calme et limpide, mais dont le courant est tellement fort qu’il entraĂźne n’importe qui ou quoi vers le large. Malheureusement, chaque annĂ©e, on recense de nombreux morts dans le monde puisque la plupart des nageurs s’épuisent et paniquent en tentant de nager Ă  contre-courant.

Dans sa malchance, le couple a toutefois eu le bonheur inouï de tomber sur Marjorie Dugas. Cette derniÚre venait tout juste de terminer son cours de sauveteur océanique, quelques jours auparavant, sur une plage située à proximité.

«J’étais partie suivre une formation de sauveteur ocĂ©anique au Costa Rica pendant une semaine. Ensuite, je passais une autre semaine avec mon conjoint. C’est pendant cette semaine-lĂ  que l’évĂšnement est arrivé», prĂ©cise Marjorie.

Nager différemment

Pour survivre à une telle expérience, le nageur doit se déplacer parallÚlement à la plage pour s'éloigner du corridor du courant de retour, puis revenir vers la plage, avec les vagues.

«C’est ce que j’ai criĂ© Ă  la femme de faire et elle l’a fait. Pour ce qui est de son compagnon, par contre, je suis allĂ©e le chercher avec ma planche. Quand je suis arrivĂ©e Ă  proximitĂ©, je lui ai lancĂ© ma planche, car le danger, quand une personne panique, c’est qu’il s’accroche Ă  vous. Par la suite, je l’ai agrippĂ© par les Ă©paules et nous avons nagĂ© comme il se devait. Je ne paniquais pas, parce que j’étais prĂ©parĂ©e pour ce genre de circonstance. Je venais d’avoir mon diplĂŽme de sauveteur ocĂ©anique», assure la jeune femme.

SitÎt arrivé sur la plage, le couple se confond en remerciements auprÚs de Marjorie avant de quitter rapidement les lieux.

Monnaie courante

Selon Mme Dugas, les courants de retour sont monnaie courante au Costa Rica et plusieurs plages affichent les avertissements qui s’imposent. «Cependant, ajoute-t-elle, on les nomme aussi les rip current flash, car ils disparaissent trĂšs rapidement, parfois au bout de quelques minutes seulement. Rares sont les courants de retour qui restent en place indĂ©finiment.»

QuestionnĂ©e quant Ă  l’évaluation qu’elle fait de son intervention, Marjorie confirme sa «fiertĂ© d’avoir bien rĂ©agi».

Reconnaissance

Soulignons que dans le cadre de son Forum annuel, qui a eu lieu les 8 et 9 septembre derniers, la SociĂ©tĂ© de sauvetage lui a remis un certificat de Citation en sauvetage, une distinction honorifique honorant les actes de bravoure.

Organisations: Forum annuel, Société de sauvetage

Lieux géographiques: Costa Rica

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