Le phénomène touche 80 % des espèces du Québec: oiseaux et migration hâtive

Bernard Cloutier
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Beau temps, mauvais temps, l’appel de la migration vers le sud résonne déjà chez plusieurs espèces d’oiseaux. Le colibri à gorge rubis, les viréos, les moucherolles et les parulines sont parmi les espèces qui ont déjà entrepris le grand voyage.

Le viréo à gorge jaune est l’une des espèces qu’on voit migrer, en cette période de l’année.

 

 

En partance des régions nordiques, ces oiseaux voyagent en groupe et peuvent surgir dans notre cour boisée vers la fin d’août ou le début de septembre pour ensuite poursuivre leur route vers les États-Unis, le Mexique ou l’Amérique centrale.

Les hirondelles effectuent aussi une migration hâtive, se rassemblant par centaines au-dessus des rivières et des lacs. Elles y trouvent des insectes à profusion, accumulant ainsi des réserves énergétiques nécessaires pour leur périple qui peuvent les mener jusqu’en Amérique du Sud.

Dès le déclin significatif de la luminosité, en août et en septembre, des milliards d’oiseaux entament la migration. Ces voyageurs représentent environ 20 % des 10 000 espèces de la planète. La population globale d’oiseaux sur la terre tourne autour de 100 milliards, selon des estimations ornithologiques.

Au Québec, la proportion d’oiseaux migrateurs est nettement plus élevée, atteignant un peu plus de 80 % de la population. Cela s’explique par le fait que la majorité des espèces d’oiseaux du Québec se nourrissent d’insectes. À la fin de l’été, les volatiles doivent donc partir, sauf ceux qui consomment des graines, tels le geai bleu, la sittelle à poitrine blanche et la mésange à tête noire.

En Amérique du Nord, les voies migratoires correspondent à quatre grands couloirs aériens: le littoral de l’océan Atlantique, le fleuve Mississippi, la voie centrale (Rocheuses) et les rives de l’océan Pacifique.

Les oiseaux peuvent prendre une route différente à l’aller et au retour. Ainsi, au printemps, certaines espèces suivent le fleuve Mississippi pour venir fonder une famille dans le nord du Québec. Au retour, elles longent le Saint-Laurent et bifurquent vers la côte atlantique. Des oiseaux capturés à la station de baguage de Tadoussac ont permis de confirmer ce phénomène.

Au départ du Canada, la destination finale des espèces migratrices s’avère principalement les États-Unis (33 %), suivie par la zone regroupant l’Amérique centrale, le Mexique et les Caraïbes (23 %).

Le périple du monarque

Le monarque n’est pas un oiseau, mais on ne peut ignorer sa migration fascinante. En provenance du Québec et de l’Ontario, les jolis papillons orange et noirs s’arrêtent par milliers au Parc national de la Pointe-Pelée, le point le plus au sud du Canada, situé en bordure du lac Érié.

À partir de ce parc, célèbre aussi pour ses regroupements d’oiseaux, les monarques effectuent une odyssée de quelque 3 000 kilomètres, à raison de 25, 30 ou 50 kilomètres par jour, selon diverses sources scientifiques.

Ils franchiront des lacs, des déserts et des montagnes pour finalement trouver la terre promise dans la région de Michoacán, au Mexique, une zone montagneuse peuplée de conifères. Cette traversée de l’Amérique s’étend sur un peu plus de deux mois.

On a longtemps pensé que le monarque, sous la forme de la larve, passait l’hiver en état d’hibernation.

On a ensuite découvert qu’il se déplaçait, mais on ignorait sa destination finale. En 1975, Fred Urquhart, un professeur de l'Université de Toronto, a finalement découvert le lieu mythique.

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