Lionel-Groulx: on demande la levée des sanctions

Valérie
Valérie Maynard
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Réunis devant une foule de gens, constituée pour la plupart d’étudiants, d’enseignants et de membres du personnel, quatre enseignants, Stéphane Chalifour, Michel Milot, également président su Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Lionel-Groulx, Pierre Robert et Isabelle Billaub ont dénoncé les sanctions administratives imposées à 11 enseignants du Collège pour «manque de loyauté» envers l’institution.

Cette décision administrative faisait suite à la publication d’une lettre cosignée par ces 11 enseignants dans Le Devoir du 31 mai dernier, et dans laquelle ceux-ci relataient leur perception des évènements du 15 mai dernier sur le campus, lors du déploiement de l’escouade antiémeute de la Sûreté du Québec et du rôle de la direction de l’établissement dans le cadre de ces évènements, plus particulièrement celui de la directrice générale Monique Laurin.

Dans une démarche visant le retrait immédiat des lettres au dossier des 11 enseignants, les intervenants ont soulevé le caractère particulièrement «injuste et démesuré» de l’action et la crainte de représailles maintenant présente pour l’ensemble des enseignants du Collège Lionel-Groulx et du Québec en général.

Ce qu’on déplore, c’est que dans un contexte particulier comme celui du 15 mai dernier, et dans la mesure où un cégep est d’abord et avant tout une agora, c'est-à-dire un espace de liberté, une telle mesure disciplinaire ne vient qu’ajouter au climat de peur qui persiste, nous dit-on, depuis la rentrée scolaire du 16 août dernier. «Nous ne sommes pas de simples subalternes condamnés à obéir. Le rapport d’autorité entre la direction du Collège et nous ne peut pas être le même qu’en entreprise», a plaidé Stéphane Chalifour.

Plus de quatre mois après ces évènements qui font désormais partie de l’histoire du Collège Lionel-Groulx, les enseignants, par la voix de M. Chalifour, tendent aujourd’hui la main à Monique Laurin. «Nous la prions de réviser sa décision en signe de sagesse et d’ouverture, ne serait-ce qu’en matière de civisme», a-t-il dit.

«Nous ne sommes pas de simples subalternes condamnés à obéir.» Stéphane Chalifour

Jusqu’à maintenant, malgré un grief déposé par le syndicat et plusieurs rencontres, il semble que la direction continue de faire la sourde oreille aux doléances des enseignants.

Du côté du syndicat, on redoute la suite des choses, c'est-à-dire l’arbitrage. «À notre avis, l’arbitrage n’est pas souhaitable. La judiciarisation de ce dossier n’est pas la solution», a pour sa part faire valoir M. Milot.

Pétition

Du même souffle, une pétition comptant 4 377 noms au moment de la rencontre de presse, le 29 août dernier (deux jours plus tard, le chiffre avait atteint 5 029) a été déposée auprès de la direction du Collège, une initiative citoyenne à laquelle adhère aujourd’hui le syndicat et qui vise à inciter la direction à revoir sa position.

Près d’une centaine d’enseignants du Collège Lionel-Groulx auraient, nous dit-on, signé la pétition, sur les quelque 400 membres du corps professoral. Ce faible ratio s’expliquerait, avance M. Chalifour, par le climat malsain qui prévaut depuis dans le cégep et la peur de représailles.

Organisations: Collège Lionel-Groulx, Le Devoir

Lieux géographiques: Sûreté du Québec

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