Une mère de Deux-Montagnes décidée: une poursuite de 276 000$ pour dédommager Gabriel

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Reine Côté
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Révoltée par les mauvais traitements subis par son jeune fils autiste de 11 ans dans deux ressources d'hébergement, Line Lipari, une mère seule de Deux-Montagnes, intente une poursuite judiciaire de 276 000 $.

Entre juillet 2009 et septembre 2011, Mme Lipari a placé pour des séjours temporaires son fils Gabriel, qui est doté d'un âge mental de deux ans et ne parle pas, afin d'avoir un peu de répit.

En ramenant Gabriel de la Ressource Réjean Brodeur, à Blainville, le 25 septembre 2009, Line Lipari dit avoir constaté d'importantes rougeurs et même des brûlures aux cuisses, aux fesses, au ventre et aux organes génitaux de son fils qui se montre irritable, agité et anxieux.

Sévèrement blâmé à l'automne 2011 par le commissaire aux plaintes pour son manque de surveillance et des anomalies comme l'odeur d'urine omniprésente, l'établissement n'a fermé ses portes qu'au printemps dernier.

Line Lipari s'est ensuite tournée vers la Ressource intermédiaire Darline Cadet, à Saint-Ambroise-de-Kildare, qui, comme le précédent, est accrédité par le Centre du Florès, un centre de réadaptation pour personnes handicapées situé à Saint-Jérôme.

À chaque retour, son fils avait des ecchymoses et des morsures sur le corps. La peur permanente qu'elle sent depuis chez son enfant l'a décidée à intenter une poursuite.

«Faut vraiment qu'on arrête cela», s'est insurgé en entrevue téléphonique Me Jean-Pierre Ménard, du cabinet Ménard, Martin Avocats, qui se spécialise dans la défense des victimes du système de santé au Québec et s'est occupé de la moitié des poursuites intentées en justice depuis 1985.

«Le comportement de Gabriel s'est considérablement détérioré en séjournant dans ces ressources et il a eu des séquelles physiques», a insisté l'avocat, convaincu que sa nouvelle cliente a toutes les chances d'obtenir gain de cause devant la cour.

Avant de déposer la poursuite officiellement le 11 juillet dernier, il a toutefois demandé une expertise. «Nous faisons toujours une expertise avant d'entreprendre une démarche de poursuite afin de confirmer qu'il y a bien eu faute, préjudice et relation causale entre les deux parties», dit-il.

L'expertise a persuadé Me Ménard de prendre le dossier de Mme Lipari en main. Au nom de sa cliente, il poursuit donc la Ressource intermédiaire Réjean Brodeur, la Ressource intermédiaire Darline Cadet, le Centre du Florès et le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Lac-des-Deux-Montagnes – CLSC Jean-Olivier-Chénier.

Pour lui, il est clair qu'il y a eu des ratés du côté du personnel, mais aussi organisationnels.

Selon lui, les cas d'abus sont légion dans les centres d'hébergement du Québec, mais à peine 1 à 2 % des victimes (ou leur entourage) portent la cause en justice.

«Il faut totalement revoir la culture de la personne vulnérable et les traiter comme toute autre personne. Pour ce genre de clientèle, c'est la tolérance zéro», affirme Me Ménard.

En plus de resserrer le contrôle des règles de qualité de soins auprès des centres d'hébergement, Me Ménard estime que les familles ont aussi un devoir de surveillance à l'endroit du parent hébergé en vérifiant directement sur place s'il reçoit des soins de qualité.

 

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