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Lutter pour la terre: SLAM reçoit Leocadio Juracan

Le coordonnateur du Comité paysan des hauts-plateaux du Guatemala, Leocadio Juracan, et Monique Lapierre, de SLAM.

Le coordonnateur du Comité paysan des hauts-plateaux du Guatemala, Leocadio Juracan, et Monique Lapierre, de SLAM.

Publié le 29 Juin 2012
Publié le 29 Juin 2012
Corinne Guimont  RSS Feed

En terminant sa tournée canadienne, Leocadio Juracan, coordonnateur du Comité paysan des hauts-plateaux (CCDA) du Guatemala, est venu parler, aux membres de Solidarité Laurentides Amérique centrale (SLAM), à Saint-Jérôme, de la marche paysanne qui a eu lieu à la mi-mars et le durcissement du pouvoir dans son pays. 

Sujets :
CCDA , Comité paysan , Guatemala , Brésil , Canada

Il a été accueilli dans les locaux d’ICI par les arts, le 12 juin dernier, lors d’un point de presse.

Le Guatemala est composé en grande majorité de Mayas, population souvent paysanne qui n’a pas accès à la terre et qui a été ciblée par des massacres organisés pendant plusieurs années, dont plusieurs attribuables à l’armée.

Le pire moment a été durant les années 1980, alors que l’on brûlait les villages (640, selon Leocadio) et que l’on éliminait systématiquement les Mayas.

Des accords de paix ont été signés, en 1996, lesquels ont apporté beaucoup d’espoir, mais peu de résultats. Les paysans n’ont toujours pas accès à la terre, concentrée dans les mains de 2 % de la population, le gouvernement est sous l’égide des grandes familles économiques du pays, malgré la structure démocratique, et aujourd’hui, de plus en plus de postes au pouvoir sont occupés par des militaires. Le Guatemala est considéré comme le 2e pays le plus inégalitaire, après le Brésil.

Le Comité paysan des hauts-plateaux (CCDA) est né dans la tempête, en 1982, avec deux missions. La première se veut une aide de proximité par l’amélioration de l’éducation et la protection de l’eau et de la terre pour les paysans. La deuxième, plus large, se préoccupe de la justice sociale afin de transformer la structure du Guatemala et améliorer l’accès à la terre.

Pour ses convictions et ses actions, le coordonnateur du CCDA, Leocadio Juracan, a été l’objet d’un attentat, sa voiture ayant été criblée de balles, en 2009. Il a aussi reçu des menaces de mort, en 2010, ce qui l’a amené à s’exiler pendant trois mois au Canada.

«Je ne suis pas surpris du retour à la dictature», s’exprime-t-il lorsqu’il raconte les expulsions et la remilitarisation de certaines régions dans son pays. «Le gouvernement lutte contre un ennemi interne, comme à l’époque de la guérilla. Le mouvement social et paysan est l’ennemi», ajoute-t-il. Il se dit d’ailleurs préoccupé par cette situation.

Le Guatemala est un pays riche de ses terres et ses sous-sols, mais la population est pauvre et appauvrie par la concentration des richesses et la privatisation de presque tous les secteurs économiques du pays.

Le 19 mars dernier, le CCDA organisait une marche indigène sur 9 jours et 24 kilomètres, pour se rendre à la capitale et dénoncer la politique d’expulsion de paysans. Mille cinq cents personnes se sont mobilisées au départ et 15 000 étaient rassemblées à la fin.

Cette marche a fait réagir le président, lui qui ne reconnaissait pas le mouvement et qui est venu prononcer un discours. Les leaders paysans ont pu présenter leurs revendications. Le résultat de cette marche a été l’augmentation de la présence du mouvement social sur la place publique, malgré la peur de la répression.

«Grâce à SLAM et d’autres organismes, on peut travailler à une stratégie de souveraineté alimentaire, aux activités génératrices de revenus et d’emplois et proposer des solutions alternatives au gouvernement», a terminé Leocadio Juracan. 

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