L’amour chez les oiseaux: petites et grandes séductions

Bernard Cloutier
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La danse et les prouesses aériennes constituent quelques-unes des manifestations de la parade chez les oiseaux au moment de la saison des amours, laquelle se déroule au printemps pour la majorité des espèces au Québec.

Un couple de fous de Bassan.

Précisons d’emblée que la parade consiste en un ensemble des comportements instinctuels de séduction précédant l’accouplement, une signification du domaine de l’éthologie, une science étudiant les animaux dans leur milieu naturel.

En général, la parade caractérise le mâle en action lors de la période nuptiale. On connaît probablement le comportement du paon qui fait la roue, c’est-à-dire un déploiement en éventail des plumes de sa queue, le tout s’étalant sur plus d’un mètre.

Les fous de Bassan, entre autres ceux nichant sur l’Île Bonaventure, en Gaspésie, se balancent en tenant leur tête en l’air tout en poussant des cris évoquant des «hourra»!

La grue du Japon, un grand oiseau blanc et noir vivant en Asie, montre une danse exceptionnelle. En groupe, elles font des sauts saccadés suivis par de gracieux bonds dans les airs, sans oublier des courses les ailes ouvertes. Le spectacle peut comprendre également des courbettes et des lancers de morceaux de bois!

Chez les autruches, la parade est tout aussi étonnante : elles courent en traçant des cercles et font des révérences envers des congénères.

Pour sa part, le pigeon domestique, oiseau familier de nos villes, danse autour de l’élue, effectue quelques pirouettes, fait deux ou trois pas, hoche la tête et termine son manège en saluant sa compagne en tendant son cou vers elle.

Manèges aériens

Chez plusieurs espèces d’oiseaux, les manifestations de séduction se déroulent dans les airs.

Les prouesses aériennes des martinets sont légendaires: le mâle et la femelle volent haut dans le ciel, s’accouplent entre deux voltiges et se laissent tomber sur une distance de quelques 300 mètres, reprenant leur énergie juste avant de toucher le sol.

L’alouette hausse-col, oiseau vivant dans nos champs, se projette dans le ciel, redescend et remonte en tournoyant tout en chantant une sérénade aux notes aigues.

Les spectacles aériens sont aussi très en vogue chez les oiseaux de proie comme l’épervier, la buse ou le faucon, tel le vol en boucle du busard Saint-Martin autour de la femelle.

Chants et offrandes

Les volatiles mâles chantent au printemps afin d’établir leur territoire et pour se faire entendre auprès des femelles.

Le pic maculé, de même que le pic chevelu, frappe son bec de manière répétée contre un arbre, un poteau ou même un objet métallique comme une antenne.

L’oiseau-lyre, un grand oiseau vivant en Australie, déploie sa queue en forme de lyre au-dessus de sa tête tout en reproduisant vocalement le chant d’autres espèces d’oiseaux. Ce chanteur peut même imiter de multiples sons et bruits, tels une alarme de voiture et le vacarme d’une scie mécanique.

Il y a aussi des oiseaux qui présentent des offrandes à leurs partenaires. Une espèce de manchot offre un caillou à sa compagne. Si ce présent roule vers un adversaire potentiel, la bagarre éclate entre les deux mâles.

Le jaseur d’Amérique agit d’une façon plus romantique en présentant une cerise ou une petite baie rouge à sa dulcinée.

ENCADRÉ

Journaliste indépendant pour divers magazines et autodidacte dans l’apprentissage de l’ornithologie, Bernard Cloutier est membre de la Société ornithologique de Lanaudière. Il est aussi animateur, guide et conférencier. Pour lui écrire: b.clou@hotmail.com

Organisations: Société ornithologique de Lanaudière

Lieux géographiques: Bassan, Île Bonaventure, Gaspésie Japon Asie Australie

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