Lionel-Groulx: la Direction porte plainte pour méfait

Valérie
Valérie Maynard
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Après une première tentative de retour en classe, vendredi dernier, suivie de la décision de la Direction de lever les cours pour la journée, les 53 étudiants visés par l’injonction interlocutoire provisoire émise par la Cour supérieure, la semaine dernière, ont vainement tenté d’intégrer les lieux, lundi matin.

Ceinturés par des policiers de la Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville, le groupe d’étudiants, auxquels s’étaient greffés plusieurs autres dizaines de camarades en vertu d’une seconde injonction reçue par la Collège le matin même, sont demeurés sur place, attendant vraisemblablement un signal qui, au moment d’écrire ces lignes, ne s’était toujours pas manifesté.

«Il n’y a aura pas de levée de cours ni de fermeture du cégep. La juridiction du territoire appartient désormais aux policiers et nous ne poserons aucun geste tant que nous n’aurons pas les résultats de l’enquête», a déclaré Yves Marcotte, directeur des communications du Collège, peu après midi.

L’enquête en question résulte d’une plainte pour méfait déposée par la Direction du collège, tôt lundi matin, après le refus de la centaine de manifestants sur place d’obtempérer à la demande de la directrice générale, Monique Laurin, de dégager l’entrée du cégep, autant de jeunes, à l’heure actuelle, passibles d’accusations d’outrage au tribunal.

Symboliquement placées devant ces étudiants, un groupe de «mères en colère», venues protéger leurs enfants et témoigner de leur solidarité. «Ce matin, on a mal à l’utérus», a imagé l’une d’elles.

Également sur place, plusieurs professeurs, ceux visés par l’injonction, et plusieurs autres, en appui à leurs collègues, mais présents aussi pour leurs étudiants. «Notre présence est symbolique. Nous sommes là pour protéger nos étudiants. Nous voulons que ça s’arrête», a dit l’un d’eux. Une autre, Chantal Pilon, citoyenne, mère et enseignante, s’est pour sa part questionnée sur les conséquences des injonctions. «J’ai des étudiants dans les verts et j’ai des étudiants dans les rouges. Ces injonctions ne font qu’aggraver la crise», a-t-elle opiné. D’autres se sont aussi interrogés sur le rôle de Me Claude Carignan, sénateur conservateur et avocat responsable de la deuxième injonction qui regrouperait, cette fois, quelque 220 étudiants et dont la portée serait beaucoup plus large, en ce sens que tous les étudiants inscrits dans les cours visés par cette injonction pourraient aussi assister à leur cours.

Équipe d’intervention de la SQ

Appelée en renfort, l’équipe d’intervention de la Sûreté du Québec est bel et bien arrivée sur les lieux, vers 9 h, sous les applaudissements des étudiants dits «Verts», mais est repartie sans être intervenu. À 9 h 30, la Direction du Collège a émis une directive à l’intention du personnel professionnel et de soutien, les informant qu’en raison de la situation actuelle, «les membres du personnel professionnel et de soutien sont priés de ne pas se présenter au Collège pour la journée du lundi 14 mai».

Invités à faire de même, la grande majorité des professeurs a toutefois choisi de demeurer sur place, plusieurs d’entre eux souhaitant vivement que la direction lève les cours pour la journée plutôt que de laisser la tension monter inutilement.

Parce qu’au final, qu’ils soient verts ou rouges, tous ces jeunes se retrouveront éventuellement voisins, dans une même classe, fait-on remarquer.

Organisations: Collège pour la journée, Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville, Sûreté du Québec

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires