Soins à domicile: «On assiste à une dégradation de l’offre du soutien depuis 2008» —René Gauvreau

Valérie Schmaltz
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Le rapport d’enquête du protecteur du citoyen concernant l’accessibilité aux services de soutien à domicile pour les personnes présentant une incapacité significative et persistance a donné lieu à plusieurs commentaires du député de Groulx, René Gauvreau.

Le député de Groulx, René Gauvreau.

Ce dernier, qui ne cautionne en aucun cas les coupures dans les soins à domicile, soutient que cette pratique ne fait qu’engorger davantage les hôpitaux tout en privant les usagers de services essentiels.

«Et la réalité va plus loin encore, déplore-t-il. Nous connaissons une personne aveugle qui bénéficiait de 25 heures de services, dans le passé et, depuis les coupures, elle n’a pu en recevoir que huit. Même si nous avons réussi à obtenir 10 heures de service, cela est nettement insuffisant.»

Quant aux conséquences directes sur la santé des aînés, elles sont probantes et révélatrices, dit-il, puisque 60 % de la clientèle qui fréquente l’urgence de Saint-Eustache est âgée. «La majorité d’entre elles qui se retrouvent à l’urgence ont des problèmes liés à leur autonomie. L’autonomie perdue en une semaine peut prendre des mois à retrouver. Si on avait mis davantage d’argent dans les soins à domicile, on aurait pu éviter d’avoir des aînés à l’hôpital», d’ajouter M. Gauvreau.

Pas d’amélioration

Pour ce qui est du délai d’attente des services essentiels que l’on observe sur le territoire, force est de constater que l’amélioration est quasi inexistante. Ce sont donc aux aidants naturels d’assurer ces soins qui, au final, engendreront un grand nombre de problèmes.

«Leur santé est affaiblie, la dépression les guette. Les aidants ont besoin de soutien», souligne-t-il. Ainsi, faute de moyens et lorsque le fardeau devient trop lourd pour les aidants, les instances locales useront d’endroits inappropriées, comme des places en milieu hospitalier, des ressources en hébergement ou en réadaptation.

Budget supplémentaire

Le 3 mars 2011, le gouvernement annonçait un ajout budgétaire de 45 millions de dollars pour le soutien à domicile des personnes âgées, exigeant du même coup des compressions de 300 millions dans le réseau de la santé et des services sociaux. Le Protecteur du citoyen s’interroge donc sur l’utilisation des 45 millions dans ce contexte.

«On assiste à une dégradation de l’offre du soutien depuis 2008, affirme René Gauvreau. Il s’agit d’un budget typique du gouvernement qui consiste à donner de la main droite pour reprendre de la main gauche.»

Abondant dans le même sens que le protecteur du citoyen sur les frais onéreux d’un séjour en milieu hospitalier (150 $/jour à l’hôpital versus 96 $/jour pour des soins à domicile), M. Gauvreau ajoute que ces hospitalisations dans des lits de courte durée ou des lits de réadaptation pour les longues périodes causent de véritables «drames au 2e étage de l’Hôpital Saint-Eustache» tout en entraînant un engorgement du système un peu partout dans la province. 

Organisations: Protecteur du citoyen, Hôpital Saint-Eustache

Lieux géographiques: Saint-Eustache

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