Polyvalente Ste-Thérèse: liberté d’expression bafouée?

Valérie
Valérie Maynard
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Le 22 mars dernier, pendant que des milliers d’étudiants manifestaient, à Montréal, leur opposition à la hausse des frais de scolarité, un élève de  la Polyvalente Ste-Thérèse créait une page Facebook intitulée: Les élèves de la PST en grève. Mise au fait qu’une sollicitation émanant de cette page se faisait auprès des autres élèves, la direction de l’école a choisi d’intervenir.

Enseignants, étudiants et sympathisants à la cause se sont massés devant la PST, jeudi dernier, afin de faire valoir le droit démocratique des élèves et leur droit à la liberté d’expression.

«J’ai moi-même rencontré cet élève avec la policière Isabelle Giguère. Si vous connaissez la PST, vous savez que cette policière travaille à temps plein ici», a indiqué la directrice de l’établissement, Nathalie Denneny. Ce jour-là, en raison de la manifestation qui se déroulait à Montréal, d’autres policiers circulaient aussi dans l’école, par mesure de prévention. Ils n’ont toutefois pas pris part à la rencontre, soutient la directrice.

Partant du fait que la page Facebook en question était une initiative personnelle du jeune et que ce dernier n’avait reçu aucun mandat du Conseil étudiant en ce sens, la directrice lui a alors demandé d’effacer son site et. par prévention, l’a renvoyé chez lui pour le reste de la journée, «pour éviter que les choses ne dérapent. Ses parents sont ensuite venus le chercher. Fin de l’histoire», a-t-elle indiqué.

À son retour à l’école, le lundi suivant, le jeune a de nouveau été rencontré par la direction en raison des activités qui s’étaient déroulées sur sa page Facebook au cours du week-end, toujours active, mais dont le titre avait été changé. «En tant que directrice d’une école qui compte 2 200 élèves, mon objectif premier est d’assurer leur sécurité», a-t-elle signalé.

Sa plus grande crainte dans ce cas-ci? Le danger des actions improvisées. «Loin de moi l’idée de brimer la liberté d’expression des jeunes. Mais il y a une façon de faire les choses», a-t-elle plaidé.

Mme Denneny insiste également sur le fait que plusieurs actions ont été posées à son école en regard de la grève actuelle des étudiants des cégeps et universités: rencontre avec des étudiants du cégep Lionel-Groulx, kiosque d’information, distribution de carrés rouges, présentation de capsules vidéo et, depuis tout récemment, distribution de cartes postales à être signées et postées au gouvernement par les élèves.

Marche de solidarité pour la liberté d’expression

Du côté du Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Lionel-Groulx, on voit les choses différemment. Le jeudi 5 avril dernier, sous haute surveillance policière, une marche en partance du cégep s’est mise en branle avec, à son bord, près d’une centaine de personnes, des enseignants pour la plupart et des étudiants, en direction de la PST. «L’étudiant aurait été menacé d’être renvoyé de l’école et de charges au criminel. Bien que la direction prétende qu’il s’agisse d’un acte de prévention, les enseignantes et enseignants du Collège Lionel-Groulx voient plutôt là un acte de répression et d’intimidation», a déploré le président du SEECLG, François Vervaet, ce qu’a démenti la directrice de l’école puisque, selon elle, jamais, dans cette histoire, n’a-t-il été question de renvoi ni de charge au criminel.

Les manifestants sont demeurés dans la rue, face à la PST. Plusieurs élèves, dont c’était l’heure du dîner, se sont rapidement massés devant les manifestants, certains ayant même pris part à la marche de retour vers le cégep.

Mme Denneny a prévenu que les toutes les absences non motivées seront traitées comme à l’habitude, c'est-à-dire par une retenue.

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  • François Vervaet
    06 avril 2012 - 16:20

    Demander à un étudiant de fermer sa page Facebook, c'est brimer la liberté d'expression, point final. Nous savons très bien qu’il y a eu de nombreuses activités par la suite, mais on peut se demander si, dans ces débats, les élèves se sentaient vraiment libres de parler. Le jeune en question m'a dit qu'il se sentait muselé. Sur place, plusieurs jeunes m'ont dit qu'ils ne se sentaient pas libres de parler. Si ce n'est pas de l'intimidation, je me demande ce que c'est! Rencontrer l'élève deux fois, accompagnée d'une policière, pour quelque chose qui a été sur une page Facebook à l'extérieur de l'école, du point de vue d’un élève face à ces figures d’autorité, c'est de l'intimidation et de la répression, n'en déplaise à Mme Denneny. Et peu importe le nombre d’activités qui ont suivi, plusieurs jeunes ne se sentent plus libres de s’exprimer… le mal est fait. François Vervaet