Quo fata ferunt (Là où les destins l'emportent)

Valérie Schmaltz
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En visite chez les moniales bénédictines

Bien que la vie monastique des bénédictines contemplatives de Sainte-Marthe-sur-le-Lac soit orientée principalement vers la prière, les oraisons et un rapport étroit avec le Christ, celle-ci ne se résume pas uniquement à cela. Au cœur de l’abbaye cohabitent aussi le travail et les loisirs.

Partie intégrante de leur quotidien, le travail se fractionne en fonction des habiletés de chacune. Bien que la rotation soit prônée pour des tâches précises, le gagne-pain, lui, appelle au talent.

Les icônes, ces peintures religieuses sur panneau de bois, visibles sur les murs de l’abbaye, sont le fruit d’un travail tellement minutieux que même le souffle humain peut perturber la finalité de l’œuvre. «Nous écrivons les icônes avec des feuilles d’or très fines et très sensibles au moindre écart de l’air», explique sœur Martine, dans son atelier.

Avec sœur Agnès et sœur Louise, elles sont les iconographes de l’abbaye, maniant avec dextérité, et surtout avec patience, le pinceau ainsi que le crayon. «Il faut être très patient, car écrire une icône peut prendre des semaines», ajoute sœur Louise.

Effectivement. Avec les 12 couches de plâtre à appliquer sur le bois de tilleul, les gravures à effectuer, les couleurs à confectionner, la tâche est longue et méticuleuse. De plus, si l’art a été enseigné par un authentique Russe (comme ce fut le cas pour sœur Louise), l’application de certaines techniques nécessitera une préparation maison. Véritables chefs-d’œuvre, certaines de ces icônes seront appelées à voyager dans le monde ou encore à être vendues à des collectionneurs.

«Depuis cinq ans, c’est devenu notre spécialité à l’abbaye», de dire fièrement sœur Martine. «Sachez que l’on ne signe jamais une icône, car elles sont considérées comme des œuvres d’église.»

Outre les images religieuses, on s’affaire également à l’élaboration de divers accessoires faits main. Au dernier étage de l’abbaye se trouvent d’autres ateliers, dont ceux tenus par deux religieuses affectées aux premières décorations de Noël. Cette année, le thème de la Nativité pour les boules de Noël sera les oiseaux qu’on observe dans le parc du monastère. Porte-crayons peints et dessinés par les moniales seront aussi mis en vente dans le magasin de l’abbaye.

Acta est fabula (La pièce est jouée)

Parce que les loisirs et les récréations demeurent importants dans la vie, l’exception n’existe pas au monastère. Les moniales participent presque toutes à des activités de groupe.

Le théâtre, source de plaisir évident pour la grande majorité d’entre elles, se pratique au gré des envies, bien que certaines représentations coïncident avec des fêtes religieuses. Costumes et chapeaux, pour la plupart confectionnés dans l’atelier de couture ou encore offerts gracieusement par des gens de la communauté, sont entreposés dans une petite chambre du monastère.

«Nous avons toutes sortes de perruques et de chapeaux qui nous permettent de jouer des rôles d’hommes», assure sœur Bernadette dans un éclat de rire.

Finis is (Fin)

Au terme de ces quatre jours passés avec les moniales de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, où nous avons discuté de leur vie au cloître, où nous avons appris qu’il existait, pas très loin de chez nous, des épouses du Christ, le temps est venu de refermer les grandes portes du cloître de l’abbaye Sainte-Marie des Deux-Montagnes, et ceci pour ad majorem Dei gloriam...

Lieux géographiques: Sainte-Marthe-sur-le-Lac

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Derniers commentaires

  • nono
    11 septembre 2012 - 11:07

    Bonjour mes soeurs, je vous serai reconnaissante de m'envoyer cette vidéo pour que je puisse admirer votre travail et l'appréçier avec beaucoup de joie. Merci à vous de nous faire connaitre votre communoté. Fraternellement. Noémie Vaidis