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Carpe diem (Met à profit le jour présent)

Publié le 14 Octobre 2011
Publié le 14 Octobre 2011
Valérie Schmaltz  RSS Feed

Les moniales bénédictines de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Elles ne sont qu’une petite poignée à sortir de l’enceinte de l’abbaye Sainte-Marie des Deux-Montagnes.

Sujets :
Virginie

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Précision, cependant: il n’est pas question ici d’une échappatoire à un style claustral que l’on s’offre, mais d’une porte que l’on ouvre, de temps à autre, pour voguer vers une direction différente.

Et cette minorité le fait par choix. Les autres préférant la réclusion.

Bien que certaines d’entre elles se proposent comme taxi pour accompagner leurs consœurs à quelques rendez-vous indispensables chez le dentiste ou le médecin, les moniales bénédictines vivent toutefois en permanence au monastère.

Cette constance du quotidien qui appelle à elle l’harmonie et la sérénité de l’esprit est dissipée parfois par la mouvance (obligée) de la nature. Parce que le parc qui ceinture l’abbaye se révélera comme une source d’étonnement assez exceptionnel, nous entrerons ainsi au cœur même d’une nature où le chant des oiseaux semble aussi louanger la présence du Seigneur.

Fronde super viridi (Sur le vert feuillage)

Prenant part à cette visite guidée et commentée du parc, nos trois religieuses habituelles, sœur Bernadette, sœur Marie-Madeleine et sœur Marie-Laetitia. Déambulant gaiement sur le sentier, nos moniales, pimpantes, affichent à la fois fierté et mines un peu mystérieuses. D’ici quelques minutes, nous allons lier connaissance avec deux pensionnaires. En attendant la venue de ces énigmatiques hôtes, nos pas nous mènent tranquillement vers le cimetière, où 37 religieuses sont enterrées. Sobre et modeste, ce champ de repos est à l’effigie des principes d’unification des bénédictines.

«Notre 1re et notre 3e abbesses reposent dans une crypte à l’intérieur de l’abbaye», nous informe sœur Bernadette, en se retournant vers le monastère tout en brique.

Cette excursion dans les jardins luxuriants de l’abbaye se précise de plus en plus avec l’arrivée d’Egandi et Dodah. Stupéfaits par la présence du cerf de Virginie et du daim qui surgissent tout à coup devant nos yeux, nous apprenons que ces derniers cohabitent sur les lieux depuis leur naissance, soit une dizaine d’années. «Elles sont quasi apprivoisées», déclarent les religieuses avec un grand sourire.

Toutefois, l’exception confirmant la règle, force est de constater que l’animal, si domestiqué soit-il, semble plutôt prêt à détaler qu’à se pavaner devant la caméra. Il fut donc appelé en renfort sœur Yvonne, l’une des doyennes de l’établissement qui, pour les besoins du reportage, a dû user de quelques câlineries verbales pour empêcher Egandi de filer. «Tcheu, tcheu, tcheu!» de lancer sœur Yvonne en direction d’Egandi.

Si celui-ci semble un peu hésitant sur le coup (la présence de la caméra y est pour beaucoup), la voix rassurante de sœur Yvonne agit sur l’animal qui s’approche d’elle tranquillement. Tout en caressant Egandi sur le dos, elle retire de ses poches un petit flacon et, discrètement, asperge le cerf d’eau bénite, une action qui déclenchera bien des rires chez les autres moniales venues assister à cette représentation improvisée.

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