Quand le plaisir du sexe a un prix

Valérie
Valérie Schmaltz
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Mélodie Nelson, auteure du livre Escorte

La démarche féminine à souhait, elle est arrivée avec un chandail de laine, des jeans moulants, des bottillons rouge écarlate, un visage à peine maquillé, et une peau lumineuse. Pile à l’heure, Mélodie Nelson.

Dans ce café où nous nous sommes donné rendez-vous, puis à l’église où nous avons terminé l’entrevue, l’auteure du livre Escorte affiche une pointe de fébrilité. Aujourd’hui, et il est vrai, le sujet lui appartient en totalité. À l’ordre du jour pour les trois prochaines heures que nous allons passer ensemble, le caméraman, elle et moi: la prostitution, les clients, ses expériences sexuelles et surtout son point de vue sur la légalisation du plus vieux métier du monde.

Parce que Mélodie est bien placée pour discuter de ce sujet un peu tabou, mais ô combien générateur d’émotions. La jeune femme de 25 ans est une ancienne prostituée, une escorte dans un autre langage. Une professionnelle du sexe qui s’est vouée à ce métier pendant deux ans, avec appétit et enthousiasme.

Là-dessus, il n’y a pas d’ambiguïté, Mélodie affectionne particulièrement le sexe et ne s’en cache pas. Pourquoi, d’ailleurs? À l’aise dans son corps et dans sa tête, elle n’affiche ni regret ni nostalgie de cette période anticonformiste où elle recevait cinq ou six clients par jour, à raison de trois fois par semaine. Une étape temporaire dans sa vie qui a justifié le financement de ses études.

L’entrée

Ça ne date pas d’hier. Déjà petite, Mélodie s’intéressait au monde du sexe. Curieuse, elle lisait tout ce qui s’écrivait sur les escortes. Puis, à 19 ans, elle tente une approche, la Webcam.

«Ça me plaisait beaucoup. Le client demande un visionnement en privé, puis on produit différents actes sexuels. Après un laps de temps, j’ai cessé de le faire pour une raison très simple. À force de regarder l’écran, j’ai développé beaucoup de conjonctivites, explique-t-elle en éclatant de rire. Mais, j’ai eu la piqûre, je trouvais ça excitant.»

Manifestement à l’aise dans ce domaine, Mélodie ose l’étape suivante: les agences d’escortes. «En fait, c’est une amie qui m’a expliqué comment fonctionnaient les agences d’escortes. J’avais certains préjugés à l’effet que les filles qui faisaient ce métier-là étaient pour la plupart des consommatrices de drogue. Au contraire, je me suis rendu rapidement compte que ma copine se prostituait parce qu’elle aimait ça, tout simplement», confie la jeune auteure.

À 19 ans, Mélodie Nelson saute à pieds joints dans l’industrie du sexe. Pendant deux ans, elle bénéficiera du vocable d’escorte incall, une appellation destinée aux prostituées qui reçoivent leurs clients dans des petits appartements privés. Sécurisée par la présence d’une sentinelle postée en face du pied-à-terre, Mélodie érigera ses quartiers dans le faubourg des affaires, à Montréal, où elle accueillera, entre 9 h et 17 h, plusieurs messieurs en complet-cravate.

«J’avais certains préjugés à l’effet que les filles qui faisaient ce métier-là étaient pour la plupart des consommatrices de drogue.» Mélodie Nelson

voir autres textes:

«Je me serais attendue à des demandes plus saugrenues de mes clients»—Mélodie Nelson, 25 ans, ex-escorte

De prostituée à amoureuse puis à croyante

 

Lieux géographiques: Montréal

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Commentaires

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Derniers commentaires

  • Bianca
    24 novembre 2010 - 16:27

    J'adore cette fille. Si simple et honnête. Elle rayonne le bonheur, le vrai.

  • michel chartrand
    19 novembre 2010 - 20:02

    My good tu vas créer des carrières ça l'air le fun d'être prostituée.