Les membres du conseil municipal, avec le maire Hubert Meilleur en tête, ont beaucoup de mal à comprendre ce deuxième refus de la CPTAQ de considérer un terrain situé près de la rue Victor, à l’ouest de la voie ferrée, soit à l’endroit même où se trouvait l’ancienne gare de Saint-Janvier, il y a 50 ans.
Depuis 2004, le train voyage tous les jours entre Montréal et Saint-Jérôme, mais ne s’arrête pas à Saint-Janvier. La Ville de Mirabel avait essuyé un premier refus de la CPTAQ en mai 2006, à la suite de sa proposition pour un site près de la rue Victor, à l’est de la voie ferrée.
«Si nous n’avons pas de gare à Mirabel, a déclaré Hubert Meilleur, ce n’est pas le maire qui est entêté, mais le système qui est ainsi. Nous voulons réduire l’achalandage sur les routes. C’est un dossier régional, car on parle de transport collectif non seulement pour les citoyens de Mirabel, mais aussi pour ceux de Saint-Antoine ou de Sainte-Anne-des-Plaines.»
Le maire Meilleur dénonce le fait que la Ville soit littéralement prise en otage par ce qu’il appelle «une créature de l'Assemblée nationale, à savoir la CPTAQ, qui se permet de faire fi non seulement des désirs de développement d'une ville, mais aussi des orientations du gouvernement du Québec qui prône l'urgence pour les Québécois de changer leurs habitudes en matière de gestion de l'environnement et de réduction des gaz à effet de serre, ce que le projet de la gare à Mirabel viendrait servir.»
Il convient de préciser que la demande déposée par la Ville était également appuyée par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), l'Agence métropolitaine de transport (AMT), le Conseil intermunicipal de transport Laurentides (CITL), de même que la MRC de Mirabel.
Autre incompréhension pour le maire, c’est que dans sa décision, la CPTAQ propose un autre site plus au nord et situé à proximité de la côte Saint-Pierre. «Ce terrain, dit le maire, n’est pas accessible pour les citoyens. Il est à plus de deux kilomètres de la zone urbaine, au beau milieu d’entreprises agricoles. Il faudrait faire le stationnement dans une érablière alors que notre site proposé est adjacent au milieu urbanisé.»
En plus de l'appel devant le TAQ, le maire Meilleur a écrit une lettre au premier ministre Jean Charest. La Ville de Mirabel demande au gouvernement du Québec d'intervenir et d'apporter les modifications qui s'imposent à la Loi sur la protection du territoire agricole afin, entre autres, de pouvoir poser des gestes concrets liés à la réduction des gaz à effet de serre en encourageant le transport en commun et donc l'implantation d'une gare à Mirabel.
Le maire en a profité pour faire part que la protection des bonnes terres agricoles lui tient à cœur, tout en posant la question suivante au gouvernement: «Sachant que plus de 12 000 hectares en zone agricole sont non exploités par des entreprises agricoles, pourquoi ne pourrions-nous pas utiliser quelques hectares pour l'accroissement de la richesse et le développement de Mirabel?».
La Ville de Mirabel ira en appel
(Photo Michel Chartrand) Accompagné par les conseillers Luc St-Jean, Gérald Forget, Jean Bouchard et Pierre-Paul Meloche, le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, a annoncé qu’il ira en appel de la décision de la CPTAQ.
Dossier de la gare
La Ville de Mirabel a décidé d’aller en appel devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ) pour contester la décision de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) de refuser le dézonage de l’emplacement proposé pour l’implantation d’une gare dans le secteur de Saint-Janvier, à Mirabel.
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