Alzheimer: l’angoisse de la maladie

Valérie Schmaltz
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On sait pertinemment que toutes les questions méritent des réponses. Or, dans certains contextes particuliers, il arrive que les explications données n’auront aucun impact sur une personne atteinte d'Azheimer.

«Pendant une phase de sa maladie, mon père ne cessait de me demander: j’habite où, Chantal? C’est à moi, ça? Je suis où, Chantal? Parfois, il pouvait m’appeler six ou sept fois par soir pour me poser les mêmes questions, relate Chantal Lepage, 44 ans. Il arrive que certains d’entre eux ne savent même pas quoi faire ou quoi dire.»

L'art d'esquiver

«Pour une raison que j’ignore, ils sont tous des as dans la manière d’esquiver. Par exemple, si je demandais à ma belle-mère si elle avait pris ses médicaments, elle me répondait à peu près toujours la même chose: oh, j’allais les chercher. Ou encore: oh, j’allais les prendre. C’est une façon de nous démontrer combien la maladie les gênent.», croit Gérard Légaré.

S’ajoute à cela un autre élément: la dissimulation. «Les gens atteints de l’Alzheimer cachent tout. On a passé notre temps à chercher les effets personnels de mon père, comme son portefeuille.»

«C’est vrai, mon mari fait la même chose, de s’exclamer Gisèle. Il cache tout.»

«Je crois que ça dépend de chaque personne», tempère Gérard.

Vouloir mourir

Chantal a réussi à passer à travers les états dépressifs de son père. Alors que ce dernier a tenté d’en finir avec la vie en ingurgitant 18 bières et toutes ses dosettes de médicaments, elle a dû se retrousser les manches pour ne pas sombrer à son tour dans toute cette souffrance. Toujours est-il que ces épreuves ont façonné la famille immédiate et l'ont fait éclater. Désormais, c'est Chantal qui s'occupe de son père tout en concillant les relations tendues dans la fratrie.

«Ce n’est pas rare du tout, déplore Gérard. Ma belle-mère a plusieurs enfants et aucun d’entre eux n’est présent pour leur mère; ils se sont tous détachés.»

«Certains enfants ne veulent pas venir parce qu’ils se disent que leur parent va tout oublier dès qu’ils auront franchi la porte. Ils oublient toutefois le plaisir qu’ils leur apportent dans le moment présent», allègue Chantal.

«Pour ma part, ce sont davantage mes fils que mes filles qui ont de la misère. Ils me disent: ce n’est pas mon père.», note Gisèle.

La peur de la maladie

Sentiment d’insécurité ou de malaise, les proches ne cachent pas leur appréhension face à l’Alzheimer.

D’emblée, Chantal et Gérard affirment avoir très peur de cette maladie, contrairement à Gisèle qui est convaincue que se sont ses poumons qui vont la tuer.

«Je ne veux pas vivre la même chose que lui», soutient Chantal, en larmes, en pointant son père dans l’autre pièce.

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